LA DANSE SACRÉE
22 Septembre.
Le matin, le sous-préfet ou magistrat des lieux vient nous chercher. Il à reçu ordre du gouverneur d’Osaka de nous faire visiter toutes les curiosités de Nara.
Cette ancienne capitale du Japon est située sur le penchant d’une colline dans un endroit fort pittoresque chanté par tous les poètes japonais. De son ancienne grandeur, il ne reste plus que ses temples. Le magistrat nous conduit d’abord au temple de Kasuganomiya, où, pour me donner une idée des cérémonies païennes, il nous a fait préparer une Kaguva, danse sacrée, amusement des Dieux. Deux jeunes filles de 14 ans fort jolies (il faut qu’elles soient vierges), leurs beaux cheveux noirs et pendants, bouclés, avec un large cercle d’or, deux longs bouquets de fleurs sur la tête, en robes de couleurs éblouissantes, étincelantes d’or, tenaient d’une main un éventail, de l’autre un assemblage de grelots.
Les bonzes et bonzesses, accroupis dans un coin, commencent la musique. L’un tape sur le taiko (tambour), l’autre pince le cofo, espèce de harpe posée à terre, un troisième joue du fuye (flûte), un autre frappe sur le éuzamé autre sorte de tambour plus large.
tre