LA LEGENDE DE LA CAISSIERE
Chantée par Numa Blés
Air : Manïz'elle Nitouche. Le grenadier était bel homme.
Dans notre cabaret des Muses, Y a-z-un phénomène épatant, C'est not' caissière, qui s'amuse A n' jamais desserrer les dents.
Ont peut lui flanquer un' torgnole, On peut lui pincer le menton, On n'en tir' pas une parole, On dirait qu'elle a-z-un bouchon.
Qu'on la chatouille ou qu'on l'agace, Qu'on lui fasse mille grimaces, Elle est muett' comme un poisson.
Et pourquoi donc ?
Parce qu'elle est Parce qu'elle est Parce qu'elle est en carton.
Parce qu'elle est Parce qu'elle est Parc' qu'elle est en carton.
Ton!
Jadis un rapin fort célèbre
Fut pris pour ell' d'une foll' passion,
Avec l'agilité d'un zèbre
Il lui fit sa déclaration.
Malgré sa superbe éloquence,
Malgré son air sentimental,
Ell' s'enferma dans son silence
Comme un pruneau dans son bocal.
Devant cette froideur d'anglaise Le rapin s'fit, devant sa chaise,
Sauter c'qui lui restait d'caisson
Et pourquoi donc ?
Parc' qu'elle était Parc' qu'elle était Parc' qu'elle était en carton, Parc' qu'elle était, Parc' qu'elle était Qu'elle était en carton, Ton!
Depuis ce jour on vint en foule Du Caucase et du Labrador, Cette caissier' devint un' poule Une nouvel? poule aux œufs d'or.
Comme on payait un franc cinquante Pour voir cet animal curieux Le patron eut bientôt des rentes Et depuis, tout va pour le mieux.
Maint'nant si vous brûlez pour elle, Communiquez-lui l'étincelle, EU' va flamber coinm' du coton.
Et pourquoi donc ?
Parce qu'elle est, Parce qu'elle est Parce qu'elle est en carton, Parce qu'elle est Parce qu'elle est Parce qu'elle est en carton, Ton!