‹ Le tourlourou, vaudeville en cinq actesChapitre 17 sur 43 · PIERRE, GASPARD · texte numérisé non relu

PIERRE, GASPARD

PIERRE , entrant à gauche et reconnaissant Gaspard. Gaspard!

GASPARD. Ehoui'.sacredié. c'est moi... il y a assez long-temps que j "avons envie de l'embrasser. . . Ma fine. . . je m' sommes dit : je serais bien bête de ne pas contenter monenvie... et me v'ià... Tu n'es pas facile, n'est-ce pas?

pierre. Ah! mon cher Gaspard.

GASPARD. Mais dis donc... j'en peux plus... j' meurs de soif, moi... est-c' qu'on n'peut pas se rafraîchir par ici ?

pierre. Si fait!., tiens, là!.. Asseyonsnous (ils se incitent à une table), et c'est moi qui régale.

GASPARD. Oh!... j'veux bon Holà,

garçon, une bouteille et deux verres. (Un garçon vient les servir.) Eh ben ! sacrebleu, comment qu'ça va l'état militaire... es-tu

officier... major... colonel? l'uniforme te va joliment...

pierre. Avant tout, mon cher Gaspard, donne-moi des nouvelles du pays...

de tous ceux que j'aime...

Gaspard. C'est juste !... le père Gobinard s'porte bien... c'est-à-dire... non... il n'va pas mal... A ta santé.

Il boit.

pierre. Et Marie?... tu ne m'en parles pas! Ah! Gaspard... tu sais pourtant que c'est d'elle surtout que j'aime à entendre parler.

Gaspard. Dam!., je pensais que tu l'avais peut-être oubliée... à présent que tu sais que c'est une grand' dame.. . une duchesse ! . .

pierre. Oui! je sais que je ne dois

conserver aucun espoir.

Gaspard. C'est toujours la même chanson... Oh ! les femmes. .. qu'elles viennent donc me dire... que les hommes sont des ci, des ça?... je leur répondrai : Ils font

bien-, quand il y en a un de fidèle on

est ben sur que c'est celui-là dont elles ne veulent pas.

Air : Les maris ont tort.

Les femmes sont des hirondelles, Ça n' se prend pas comme un moineau; En vain pour les rendre fidèles, On cherche un procédé nouveau, C'est 1' grain d'sel sur l'ail' d'un oiseau. Qu'on soit digne de leur tendresse, Elfs n'en vont pas moins leur chemin ; Pour les r'tenir faudrait sans cesse Avoir la salière à la main.

pierre. Et Marie... est-elle bien fière... depuis qu'elle demeure chez Mme de Blainville?

^ Gaspard. Ah! il est arrivé ben autre chose à présent.

PiEiiRE. Autre chose... à Marie?

Gaspard. Eh! oui... à Marie... Ah!..

c'est que... quand un' jeune fille est riche, elle est autrement courtisée qu'un' p'tit' servante d'auberge.

pierre. Eh bien!... que lui est-il arrivé!, parle donc, Gaspard... achève.

Gaspard. Allons je vas parler

après tout. . tu es un homme... tu auras

d' la fermeté.

• pierre. Elle est mariée?

Gaspard. Eh! non!... mais depuis un mois on ne sait pas ce qu'elle est devenue! elle a disparu de chez MfflC de Blainville.

fierre. Disparue.... Marie !.... O mon Dieu!., et le nom de son ravisseur?

Gaspard. Ah! pardi., si on l' connaissait... ça irait tout seul... mais on ne sait rien... on n'a encore rien pu découvrir.

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PIERRE , se levant. Oh ! je la retrouverai moi !.. je saurai qui est le misérable... j&r je la vengerai.

GASPARD, le retenant. Eh benî... eh benï.. où vas-tu?.. Oublies-tu que tues soldat?.. Est-ce que tu veux déserter?

PIERRE , retombant sur la chaise. Ah ! oui!.... je suis soldat... et c'est pour elle que j'ai donné ma liberté.

Gaspard. Allons, sacrediéî... du courage. . . on la retrouvera, c'te fille . . . Ecoute, Mme de Blainville est à Paris maintenant, et peut-être a-t-elle eu des nouvelles... Je sais quelqu'un qui pourra me donner son adresse... j'irai... je m'informerai. ..

pierre. Oh! oui .. oui... mon cher Gaspard... mais tu viendras me dire cette adresse... je veux aller moi-même chez cette dame.

Gaspard. Soit!... Où est ta caserne?

pierre. Faubourg du Temple mais

dans une heure je serai encore ici... Oh!

va, val... je t en prie.

hâte-toi..

t'attendrai.

Gaspard. Allons, allons... je pars... A ta santé, c'est le dernier coup. . et en route.

1 II sort.

PIERRE, seul. Marie enlevée!.... moi, qui l'aimais tant, qui aurais tout sacrifié pour elle!., un autre a su lui plaire., elle s'est laissé séduire !... Oh ! non, c'est impossible!... Marie était coquette.... mais sage , nrourfronnête... Je la connais bien , moi, elle est trop fière pour avoir consenti... Oui, oui, c'est une surprise, une trahison, elle a besoin de moi... elle m'attend peut-être. . . il faut que j e la retrouve. . j'irai chez cette dame... j'irai partout.

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