SCENE V
Les Mêmes, PIERRE, FÉLICITÉ.
Pierre sort brusquement de la chambre de Félicite' et va se jeter entre eux en repoussant cTAulnay.
pierre. Misérable !
D'AULNAY, stupéfait. Un soldat !
MARIE, le reconnaissant. Pierre ! c'est lui, ah ! c'est lui qui vient me sauver !
d'aulnay. Ah ! monsieur est une connaissance de mademoiselle... Mais de quel droit etes-v*ous ici ? je vous trouve bien hardi.
pierre. Tu me trouves hardi ? et moi je te trouve bien lâche !
d'aulnay. Insolent!... Savez-vous que vous êtes ici chez moi?
pierre Sois tranquille, nous n'y resterons pas long-temps... Venez, Marie, laissons monsieur chez lui.
d'aulnay. L'emmener! et vous croyez que je le souffrirai ?
pierre. Tu veux t'y opposer? eh bien ! voyons, as-tu des armes?
marie. Pierre, je vous enprie, qu'allezvous faire?
d'aulnay. Demain matin, je vous rendrai raison, si vous voulez !
pierre. Non, aujourd'hui, à l'instant même.
d'aulnay. A l'instant, soit... je suis à vous.
II entre dans la pièce à droite.
pierre. Je vous attends! marie. Oh ! non, vous ne vous battrez pas.
Elle ferme la porte delà chambre.
PIERRE, faisant un mouvement pour l'arrêter. Marie !
marie. Venez, venez, Pierre... il faut me sauver d'abord.
pierre. Vous sauver!... oui, oui, vous avez raison.
d'aulnay, en dedans. Félicité !... Félicité!...
MARIE. Partons!
pierre. A demain, monsieur, à demain.
Ils sortent.
d'aulnay. Félicité! Félicité!
félicité, sortant de la cuisin. Eh bien! plus personne... où sont-ils donc?
d'aulnay. Félicité, ouvre- moi.
félicité. Comment, monsieur, vous êtes dedans?
d'aulnay. Mais ouvre-moi donc!
félicité. 11 n'y a pas de clef... Je m'en vais aller chercher le serrurier, pourvu qu'il ne soit pas encore couché.
Elle sort.