‹ Le Trachome à Lyon: Sa fréquence et sa répartition géographiqueChapitre 12 sur 22 · NT AE · texte numérisé non relu

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En 1907, le nombre de ces malades s’est élevé à 138.134 dont 104.432 granuleux ! Dans la République Argentine, à Buenos-Ayres, pendant les 22 dernières années, Démeria donne une moyenne de 10,3 °/,.

À Cuba, en février 1911, le D' Maria Fernandez, trouve 3,91 °/, sur 6.474 malades observés de 1903 à 1907 ; la proportion monte à 8 °/, en 1909 (Chronica médico-chirurgica de la Habana, février 1911).

L'Amérique du Nord, longtemps à peu près indemne du fléau, commence depuis un demi-siècle, à être atteinte de façon très nette.

Le D' Rey, de Louis ville, au Kentucky, étudie les aveugles de l’Institut de cette ville et trouve le trachome, cause de cécité, à raison de 12 °/, chez les blancs, et 0,0 °/, chez les nègres.

Le long du Mississipi, on trouve 6 °/, ; au Canada, à Montréal, Foucher donne 3,6 ‘/, ; à New-York, Lambert compte 13 °/, des écoliers comme atteints de trachome dans les 36 écoles de la ville. Le conseil d'hygiène fait isoler les enfants chez eux et envoie à domicile des infirmières spécialistes pour instruire les parents sur la maladie et la nécessité du traitement.

Aussi devant l’éminence du péril, le parlement des Etats-Unis a dû établir des lois restrictives à l’émigration et imposer des mesures prophylatiques aux étrangers.

Dès 1897, le Congrès de Washington a modifié la loi américaine au sujet de l’émigration, classant le trachome parmi les maladies contagieuses à déclaration

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obligatoire et frappant d'exclusion ceux qui en sont affectés.

Ainsi tout émigrant, débarquant dans un port américain, est examiné par un oculiste ; les individus à affection douteuse sont mis en observation dans un hôpital de détention ; ceux atteints de conjonctivite avérée sont renvoyés dans leur pays aux frais de la Compagnie qui les a transportés.

En 1901, les autorités canadiennes, constatant que les émigrants granuleux entraient aux Etats-Unis en passant par la Canada, et que ce pays était ainsi envahi par le fléau, ont décrété une même réglementation. C’est ainsi qu'à Québec, en 1904, d’après le D' Pagé, 800 émigrants ont été envoyés à l'hôpital de détention et 300 rapatriés. D’après des moyennes successives, 1l résulterait que l’on trouve environ 150 granuleux sur 1.000 émigrants.

Au Brésil également les émigrants arrivés à Rio-de- Janeiro sont débarqués dans l’île des Fleurs, dans la baie de Rio, et soignés aussi longtemps que le réclame leur état.

De manière générale, les émigrants devraient être soumis à une surveillance étroite, établie par une entente internationale. Le principe devrait être d’empécher le déplacement de toutsujet infecté etde le soigner à l'endroit même ou son état a été constaté, jusqu’au moment ou il cesse d’être infectieux.

En Russie, où il y aun grand nombre de malades disséminés sur un territoire immense, des groupes de médecins, envoyés par le Gouvernement, parcourent

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en tous sens les régions infectées, en soignant les malades ; ces expéditions sont annuelles.

En Hongrie, le territoire étant moins étendu, la lutte se fait autrement. Elle consiste principalement dans la création, en certaines villes, de petits hôpitaux ophtalmologiques et de service « ad hoc » dans les hôpitaux déjà existants. En outre, les médecins qui exercent dans les contrées infectées, soignent gratuitement les malades et sont rénumérés par l'Etat.

En avril 1905, le Congrès de Palerme, premier Congrès italien, a formulé les propositions suivantes : 1° Nommer un oculiste inspecteur, attaché au Ministère de l'Intérieur ; 2° Créer des dispensaires auxfrais de la province ou des communes, dans les régions ou sévit le trachome ; 3° Pour les provinces atteintes, nommer un oculiste inspecteur et fonder des sanatoriums pour les cas de trachomes graves; 4° Faire appel à l'Etat pour obtenir la fondation d'écoles pour trachomateux et de prix aux publications vulgarisatrices d'hygiène oculaire.

« Partout, dit de Sulzer, le trachome diminue, nous pouvons espérer qu'un effortnouveauarrivera à réduire ce fléau à l’état sporadique ».

(De Sulzer— Ann. d'Oculistique, septembre 1909.)

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