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Louis XVI un prêt de quatre millions, qu'a remboursé la duchesse *.
Il meurt, ayant eu, tout le temps que dura sa maladie, « dix femmes de la Cour du plus haut parage qui couchaient chez lui sur des lits de veille, pour être plus à portée de le soigner ». Il meurt en faisant encore des legs princiers, sans se douter peut-être que les dix millions que rapporteront la vente des terrains de la rue de Richelieu et celle du domaine de Chanteloup ne suffiront pas pour payer ses dettes 2.
1 « Un arrangement avait été accordé pour payer une partie de ses dettes, pendant qu'il était encore dans le ministère, mais n'avait pas eu d'exécution, cet arrangement manquant de quelques formalités lors de son exil. Cet arrangement aurait produit 180.000 livres à M. de Ghoiseul » (Besenval, Mémoires, p. 133). Lorsqu'il avait donné sa démission de colonel des Suisses, il avait obtenu pour cette charge, grâce aux démarches pressantes de du Chatelet et l'intermédiaire de la Dubarry, 60.000 livres de pension, dont 50.000 réversibles à Mme de Choiseul et 100.000 écus d'argent comptant (décembre 1771). Besenval {Mémoires, p. 128) raconte longuement ces négociations. « Le 3 avril 1772 nous allâmes voir la galerie de M. le duc de Ghoiseul, qu'on montrait au public, tous les tableaux allant être mis en vente; il y en avait pour une grande somme : c'était surtout par l'école flamande que cela brillait. . . Il était touchant de voir quelqu'un, dix-huit mois plus tôt au pinacle, obligé de faire son inventaire de son vivant et de tout vendre. M. de la Borde, son ami, achetait sa maison pour la lui louer à vie et se mettait à la tête de ses affaires, alors très dérangées, et lui assurait ainsi au moins l'aisance. Ce cabinet de tableaux, qui revenait à 300.000 livres, fut vendu 420.000 livres et on s'en arrachait les morceaux, parce qu'il était à la mode d'en avoir quelque chose. Le tableau hollandais du Bois de la Haye fut vendu 27.000 livres, les Wouwermans 15 et 20.000 livres » (Duc de Grouy, Mémoires, 246).
* « Quoiqu'il fût au-dessus des folies du magnétisme, il voulut voir, à la sollicitation de ses amis, une somnambule, qu'on endormoit et qu'on réveilloit à volonté et qui devinoit les choses les plus cachées. Quelques jours après, il fut atteint d'une fluxion de poitrine. Tout Paris, toute la Cour, prirent à sa santé le plus grand intérêt. . . Il fit une fin superbe. La duchesse, à ce fatal moment, se prosterna en présence de tous ceux qui étaient là. « Grand Dieu ! s'écria-t-elle, après la perte que j'ai faite, donnez-moi le temps de payer les dettes
Sans doute avait-il eu tort d'ajouter trop foi à sa devise — éternellement ministérielle — « A force d'aller mal, tout ira bien 1 ».
Etienne Port.
de mon mari. » Elle tint parole, se retira dans un couvent, vécut avec une seule servante et tout son bien passa à éteindre les moindres dettes. Rare exemple de piété pour la mémoire d'un mari » (Cheverny, Mémoires, I, p. 469).
« A la mort de son mari, elle se retira au couvent des Recollettes de la rue du Bac ; durant la Révolution, elle résida dans l'ancien hôtel Dillon, rue Saint-Dominique, n° 1514; elle y fut arrêtée et emprisonnée dans l'ancien couvent des Oiseaux, propriété du marquis du Lau d'Allemagne; délivrée au 9 thermidor, elle s'éteignit le 3 décembre 1801 » (L. de la Trémoïlle, Mon grand-père à la Cour de Louis XV, p. 9, — Marquis de Wolfons, Souvenirs).
1 Choiseul-Meuse avait une terre en Lorraine... « dans cette terre un antique et noble château, sur la porte duquel il y avoit une devise qui disoit : « A force d'aller mal tout ira bien. «Meuse étoit de mes parents; je n'ai point sa terre, mais j'ai conservé sa devise » (Lettre de Choiseul à Voltaire, 12 novembre 1759, dans Choiseul et Voltaire, par P. Calmettcs, Pion, p. 38).