SCÈNE X LE COMTE, RICHARDIN, LA COMTESSE
RICHARDIN
Ah! madame!
LA COMTESSE
Je vous remercie beaucoup, monsieur, d'avoir consenti à venir passer quelques jours près de nous...
RICHARDIN
Madame, c'est moi qui suis enchanté...
LA COMTESSE
V'ous êtes, je le sais, un des plus anciens amis de M. de Valréas... et à ce titre...
RICHARDIN
J'ai eu leplaisir de vous voir, madame, le jour de son mariage...
" Le comte, la comtesse, Richaniiii.
à la Madeleine... un bien beau mariage!... Il y en avait un autre à côté qui n'avait l'air de rien du tout... Un mariage superbe!
LA COMTESSE
M. de Valréas m'a parlé de vous comme d'un joueur d'échecs de première force.
LE COMTE
Oh! de première force! ()uand nous jouons ensemble... il perd neuf fois sur dix.
Est-ce vrai, monsieur?
RICHARDIN
Il est bien vrai que quelquefois, par étourderie... il m'arrive... Mais ça ne fait rien : il y a en moi quelque chose qui me crie que je suis plus fort que lui !
LE COMTE
Pardonnez-moi, madame, et toi aussi pardonne-moi... J'ai à lire (juelques lettres que je viens de recevoir.
LA COMTESSE, au comte.
LîSez, monsieur. (Le comte s'éloigne et ouvre les lettres ; la comtesse va
s'asseoir sur le canapé.) Une belle chose que les échecs, n'est-ce pas, monsieur?
RICHARDIN, s'asseyant sur une cliaise*.
Une chose merveilleuse; l'origine de ce jeu se perd dans la nuit des temps. Les uns lui donnent pour inventeur Palanièdo, un Grec... et les autres Nascir, un sage Indien.
LA COMTESSE
Vous, monsieur, pour qui penchez-vous?
RICIIARniK.
Moi, madame... je flotte... Il y a sur le sage Nascir une bien jolie anecdote, je ne sais pas si vous la connaissez... Son maître lui demanda quelle récompense il désirait... le sage Nascir demanda
Le comte, Richardin, la romicssc.