ACTE PREMIER
LOUIS, haussant les épaules.
Est-ce que c'est possible ?
MIGHRL.
Pourquoi pas?... Une caresse du hasard... et ça y est!...
SOPHIE
Michel a raison! Si vous étiez débarrassé de ce monsieur-là...
LOUIS
Et de sa fille...
SOPHIE
C'est ça qui serait bath!
LOUIS
J'hériterais de cette immense fortune!... Malheureusement, c'est la... caresse en question qui manque!
MICHEL
Dis plutôt que c'est l'imagination qui te fait défaut! En somme, qu'est-ce qu'il faut pour cela? (Baissant la voix.) Supprimer un homme ! (Haussant les épaules.) La belle affaire ! Qu'est-ce que nous sommes, tous, ici-bas?... Moins que rien!...
LOUIS
Michel !
Eh I je parle comme je pense, moi ! Tous, nous avons été jetés sur la terre pour nous manger les uns les autres!... Les gros mangent les petits... Eh bien! que les petits prennent leur revanche et dévorent les gros... (se levant.) Tii marches... tu rencontres une fourmilière sous tes pas... Est-ce que tu te déranges?... Allons donc! tu piétines dessus et tu l'écrases! un homme...
une fourmi... Tiens ! Voilà le cas que je fais dera!,.. il fait le geste d'écraser avec son pied. LOUIS.
Tu es effrayant, sais-tu?
MICHEL
Eh! non! je suis de mon temps... voilà tout! Chacun pour soi... (se rasseyant.) Allons! buvons un coup!... L'idée que nous cherclions est peut-être au fond du verre !
Il frappe sur la table, le garçon vient et les sett. — Ici. quelques passades discrèlesde la figuration. — Un ou deux commissionnaires se tiennent au fond.