‹ Le train n 6; drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 93 sur 137 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

LA BAUONNE, tète nue entrant vivement par la droite ; elle ôte ses gants, les jette sur le guéridon, promène son regard autour d'elle pour s'assurer qu'elle est bien seule; tirant une lettre de son corsage.

Cette lettre I... Je n'ai pas osé la lire devant Armand !... Je l'ai prié de me laisser seule un instant !,.. Voyons !.. (Elle ouvre la lettre en tremblant et tombe assise sur le canapé ; lisant d'une voix éteinte.) « Pardonnoz-moi, Marllie...si n'ayant pas su veiller sur notre enfant... noire clière petite iille... j'ai préféré vous dire qu'elle était morte plutôt que de vous laisser au cœur les angoisses, les déchirements terribles que j'ai éprouvés moi-même en apprenant qu'elle m'avait été volée... Mais, à présent, tout estréparé... Ouand vous lirez cette lettre... si jamais vousdevez la lire. .Jeanne sera en sûreté... auprès de moi ; de moi, son père, qui, plus heureux (fue vous, pourrai la voir... lui prodiguer mes caresses, mes l)aisers et l'appeler « ma fille ! » (cessant de lire et se levant fiévreusement.) Ah I àmoi aussi ce bonheur-là me sera donné!... (Elle serre la lettre sur elle: appelant.) Jeanne !... Jeanne !... (a elle-même ) Je l'avais laissée ici !... (Tournant ses regards vers la porte à gauche.) Elle sera entrée là, sans doute I (Elle court à gauche, ouvre et appelle.) Jeanne !... Jeanne ! (Revenant, inquiète.) Qu'est-ce donc et pourquoi ce silence? (Avisant la porte à droite et y courant.) Jeanne !... Jeanne !...

Elle disparaît ; sa voix s'éteint graduei;ement.

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