INTRODUCTION
Je présente au public un Commentaire du Traité de Berlin.
Journalistes de tous pays , parlementaires de tous partis Tout apprécié sous ses diverses faces et à leurs points de vue variés ; il est facile de constater que la critique mécontente l'emporte sur la critique satisfaite, et , symptôme curieux , phénomène unique peut-être dans les annales de la diplomatie/ le Traité de Berlin a plus souffert du zèle avec lequel ses partisans Tout soutenu que des coups que lui ont portés ses adversaires.
Ce Traité, disent ceux-ci, ne donne satisfaction à aucun intérêt, il ne répond à aucune aspiration, il ne condamne aucune ambition ; il touche à toutes les questions et il n'en résout aucune. Ses décisions, appuyées sur des motifs contradictoires entre eux, sont, a-t'On dit, opposées à la saine logique, indifférentes à la justice , insensibles à l'honneur. Tel le com-
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pare à la montagne accouchant d'une souris, tel autre lui donne pour fils le hérisson aux mille pointes. Ici Ton se réjouit de voir refouler les Slaves, là on s'indigne en l'honneur des Grecs , et des deux côtés on se récrie contre la restauration de l'oppression turque. Pendant que les uns acclament le Traité comme la consolidation de l'Empire ottoman, les autres le dénoncent comme un antre d'hypocrisie où, sous les dehors du plus bienveillant amour pour la Turquie, se cachent les dispositions prises pour en rendre la chute moins périlleuse et le partage plus facile; d'autres enfin, prétendant désigner les choses par leur nom , rappellent les « conquêtes pacifiques » du comte de Kaunitz, et les c( trois tètes dan% un bonnet », cette expression vulgaire devenue historique dans la bouche de Frédéric le Grand , la troisième tète étant pour l'occurrence la tète anglaise.
Ainsi va la critique , justifiant le proverbe et prenant ses aises , mais oubliant la genèse de ce Traité et négligeant d'observer que plus sont fondés les reproches élevés contre lui , plus les honnêtes gens qui , sans aucun intérêt particulier, n'ont pas hésité d'y attacher leur nom en y apposant leur sceau ont droit à la reconnaissance publique. Le Traité, eu effet, est la