‹ Le traité de Cateau-Cambrésis (2 et 3 avril 1559):Chapitre 1 sur 98 · LABITTE, EM. PAUL ET C · texte numérisé non relu

LABITTE, EM. PAUL ET C

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^s Pays-Bas furent délivrés de la présence prince que les traditions de mœurs et de ion éloignaient des peuples du Nord. Le n'y de Philippe H dans les Flandres se

relâcha par degrés jusqu'au jour encore éloigné de la retraite définitive des Espagnols.

U Italie, sauf le royaume de Naples, obtint l'indépendance que le traité avait seulement fait entrevoir aux Pays-Bas. La France et V Espagne s'étaient longtemps disputé la possession de la Péninsule. La paix de 1559 termina cette longue querelle. U Italie y livrée à ellemême, s'organisa suivant les lois de sa configuration géographique et chercha dans la puissance personnelle de ses petits princes y surtout en Piémont, une force de résistance capable de défier les retours offensifs de ses anciens maîtres. En même temps monta sur le trône pontifical un prélat, Paul IV, le premier des souverains romains qui ne furent inféodés ni à Vempire germanique, ni à la France, ni à l'Espagne, le véritable promoteur du concile de Trente. Le traité de Cateau-Cambrésis et V avènement de Paul IV méritent donc d'être étudiés comme le point de départ des destinées de l'Italie moderne.

L'Angleterre, en perdant la ville de Calais, gagna la sécurité aicx dépens de son amourpropre. Calais avait été conquis en 1346 par Edouard III d'Angleterre et restait, entre la France et le royaume uni, une cause de discorde, où se seraient usées les forces de deux peuples destinés par leur voisinage à devenir alliés. La race anglo-saxonne, chassée de sa dernière position au delà de la Manche et pour

toujours confinée dans son île, se livra désor^ mais à ses instincts commerciaux sans se laisser distraire par des ambitions continentales.

La France est de tous les pays celui qui obtint les plus grands avantages. Calais avait servi de port de ralliement à toutes les invasions anglaises pendant le XIV^ et le X7® siècle. Metz, ToiU et Verdun, villes libres soumises à la Diète, étaient des postes avancés de V Empire qui menaçaient la Champagne. La reprise de Calais, la conquête de Metz, de TotU et de Verdun, la consécration de Vautonomie de la Lorraine et de V Alsace assurèrent nos limites naturelles. L'ensemble de ces succès donna au royaume des Valois une force de cohésion qu'aucun autre pays n'a pu atteindre, même de nos jours. La France en fit l'épreuve pendant les guerres de religion. Déchirée au dedans, trahie au dehors par des partis impitoyables, elle ne fut menacée dans la possession d'aiumne de ses provinces. Sans doute elle eut à combattre l'étranger; l'Allemand passa souvent le Rhin; le duc de Savoie envahit la Provence, l'Espagnol la Picardie; r Anglais jeta ses troupes en Normandie et son or dans tous nos troubles. Mais la frontière du royaume ne fut pas contestée. Jamais la guerre civile ne s'aggrava d'une de ces grandes menaces de l'extérieur, qui exigent la réunion en faisceau de touies les forces d^un peuple.

Malgré ces services, tous les historiens ont

condamné le traité de Cateau-Cambrésis et en ont parlé comme d'un acte néfaste^ capable d'arrêter le développement d'une grande race. Les anciens basaient leurs critiques sur la restitua tion des places d'Italie. On croyait au XVI^ siècle qu£ le génie de la France la poussait à s'étendre dans le nord de la Péninsule. Les modernes ne pouvaient user d'un argument contraire au système des frontières naturelles^ en si grande faveur dans la politique contemporaine ; mais le blâme du traité de Cateau-Cambrésis était une opinion toute faite qui dispensait de recherches. L'arrêt était sanctionné par la prescription. Les annalistes du XVP siècle lui avaient donné la force de chose jugée. Pas un écrivain de nos jours n'a su réagir contre la tradition et n'a reconnu que le traité de 1559 était un progrès pour la nation française.

Nous avons essayé de reviser ce jugement historique et de prouver que l'acte le plus repro* ché à Henri II est le plies grand bienfait qu'il ait légué à son peuple.

Dans un damier chapitre, étranger à la haute politique^ notes avons rétdbli la vérité sur l'histoire d'Elisabeth de Valois ^ princesse qui fut le gage du traité et dont la vie et la mort ont été le sujet de fables mensongères.

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