Lettres de Catherine de MëdiciSf t. II, p
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revanche de Calais, et qu'elle garderoit cette place jusqu'à la fin. > Ou fit entendre à Condé qu'une querelle soulevée par d'infimes bourgeois ne devait pas lui faire oublier son rang de premier prince du sang et sa fiiture dignité de lieutenant général. Le maréchal de Montmorency punit les coupables, et le prince, plus ulcéré des propos de la reine d'Angleterre que de l'insolence des bourgeois, se contenta de cette réparation ^
La guerre était décidée. Après avoir autorisé Gondé et Goligny à tenter en leur propre nom de nouveaux essais de conciliation, le roi et Catherine de Médicis partirent pour Gaillon. Le roi y manda Smith et le chargea de transmettre à la reine d'Angleterre une sommation suprême. Depuis que la guerre était imminente, Elisabeth avait perdu une partie de son arrogance ; elle insinua qu'elle se contenterait de la certitude de recouvrer Calais dans le délai fixé par le traité de Cateau-Cambrésis^. Deux mois auparavant, la déclaration eût peut-être apaisé la querelle, mais l'heure des transactions était passée. Dans toutes les villes de la Normandie, à Paris, à la cour, se dessinait un mouvement patriotique
1. Pièces publiées par le comte de la Perrière (Le XVI* siècle et les Valois, p. 140 et saiy.)*
2. Calendars, 1563, p. 400. — Lettres de Catherine de Médicil, U II, p. 72.
qui entraînait à la guerre tous les gentilshommes, même les sectaires du parti réformé.
Le clergé oCBrit une partie de son temporel et la ville de Paris prêta de grosses sommes pour chasser les Anglais^. Les capitaines français qui occupaient les villes voisines commencèrent d'eux-mêmes la guerre^. Le 6 juin, Bassompierre fut fait prisonnier^. En revanche, le 27, le brillant André Tremaine, rival de Leicester, que le favori du jour n'avait peut-être envoyé au Havre que dans l'espoir qu'il y trouverait son tombeau, Ait tué dans une sortie^. Catherine de Médicis envoya bientôt sous les murs du Havre les Suisses, les bandes de Gharry, les mercenaires allemands, plusieurs compagnies de gens de pied, en leur recommandant de ne pas épuiser leurs forces dans une lutte prématurée et d'attendre le gros de l'armée '^.
Le 6 juillet 1563, le* roi de France déclara officiellement la guerre à la reine d'Angleterre, et la ville du Havre fut investie. Le comte de Warwick, frère cadet de Leicester, fit d'héroïques efiPorts pour défendre la ville, mais il n'avait ni munitions, ni vivres. Dur et soupçon-
1. Le compte des prêts de la Wlle, à Toccasioii de la reprise da Hayre, est conser?é dans le toI. 11689 da fonds français.