De Thoa, d'Aubigné, Brantôme, La Popelinière, etc
du roi. D'autres, plus avisés, feignirent d'admettre sans protester c qu'en France on n'avoit pas à se mêler des affaires de famille. > La reine refusa de le recevoir, mais elle s'adoucit bientôt. Séduite ou dominée par la passion implacable de ce condottieri^ elle l'encouragea à poursuivre ses desseins contre les Génois et lui promit des secours.
Un rapport adressé au roi vers cette époque présente le tableau de cette administration génoise qui établissait sa souveraineté par les exactions et la terreur. Les impôts avaient été doublés, les droits d'héritage supprimés, la justice enlevée aux nationaux, les plus simples opérations commerciales frappées de telles entraves que les habitants des villes, qui ne culti-* valent pas les terres de leurs propres mains, ne pouvaient vivre. Les vainqueurs s'étaient emparés des capitaines corses et avaient fait mourir, t avecques grandz et insupportables tormentz, > tous ceux qui avaient servi dans les armées du roi de France. Les habitants n'étaient guère mieux traités. Les bourgeois Rassel, de Brandi, Marque, Polh'diro, Dacosta, Togante, les neveux de Termo Gratiano, les parents de Sampiero Corso, une foule d'autres, t lesquelz l'on ne nommera icy pour n'estre prolixe, > avaient été suppliciés t de mort cruelle, > pendus par les pieds, brûlés vifs, mis à la chaîne.
déportés après confiscation des biens. Des villages entiers, connus par leur attachement à la France, avaient été dépeuplés et les habitants, au nombre de huit ou neuf mille, vendus aux corsaires de Barbarie^.
Après avoir reçu les promesses de la reine, Sampiero repartit pour Marseille et y réunit quelques aventuriers. Catherine avait donné 10,000 écus au fils aîné du colonel, Alphonse d'Ornano, avec des drapeaux ornés de la devise Pugna pro patria. Le 13 juin 1564*, Sampiero, à la tète d'une poignée d'hommes, débarqua sur la plage de Valinco, à quelques lieues d'Âjaccio, s'empara des châteaux d'Istria et de Gorti^ et s'y fortifia. Bientôt, de tous les points de l'île, les ennemis des Génois accoururent sous ses armes. L'ambassadeur d'Espagne en France, don Francès de Al^va, porta plainte à la reine mère. Catherine s'était munie d'une lettre de Sampiero rédigée en termes convenus et dont le texte dégageait la cour de France de toute complicité. Elle la montra au ministre de Phi-