Lettre de Babon de la Bourdaisière da 16 Juin
3. Lettrée de Babou de la Bourdaisière au roi, du 16 juin et du 1» JuUlet 1560 (Copies du temps; f. fr., vol. 3102, f. 96 et 98).
des cardinaux, de concussions et enfin d^actes de trahison. L'enquête fut longue et conduite par Pallantieri avec une rigueur minutieuse, peut-être même. au prix de la plus simple équité. Quelquefois accablé par Tévidence, le cardinal retrouvait le plus souvent son habileté, sa présence d'esprit et son ascendant sur les témoins. Dans les affaires politiques, il se retranchait derrière l'approbation de Paul lY.
Après sept mois de débats contradictoires, le résultat de l'instruction était encore incertain^. Mais la résolution de Pie IV était secrètement arrêtée. Le 3 mars 1 561 , il présida un consistoire, où le cardinal Farnèse plaida longuement en faveur des accusés. A l'issue de la séance, le saint-père remit au gouverneur de Rome une cédule cachetée avec défense de l'ouvrir avant le lendemain. C'était l'arrêt de condamnation à mort. Il fut signifié le 5 au duc de Paliano, au comte d'Alife et à Léonardo di Gardine, les meurtriers de la duchesse. Le duc passa la nuit en prières et fut décapité avec ses complices au lever du jour. Le cardinal fut étranglé au château Saint-Ange presque à la même heure, sans avoir pu bénéficier des privilèges attachés à la pourpre romaine^.
Dans cette Italie où la mémoire de l'assassin
1. Lettre de Babou de la Boordaisière au connétable, du 11 janvier 1560 (1561) (Orig., f. fr., YOl. 3158, f. 79).