n<m Carie, secrétaire de la reiae d'E^iagne
Visitation lui doroit (donneroit) la santé. Et mit la letre au chevest de son lit, où il estoit coché, atandant la flèvre qu'il n'y revit point (qui ne revint point). II Taime extrêmement, come je vous ai mandé. Madame, par otres mienes ; et ceste amitié li augmente tosjours, aparante à touts. Un peu devant qu'il s'an ala, suivant quelque propos, il li sohetet des enfknts^
Les preuves de commisération prodiguées par Elisabeth à don Carlos lui étaient inspirées par sa générosité et aussi par le désir de mener à bonne fin une négociation matrimoniale en faveur de sa sœur cadette, la belle Marguerite de Valois. Catherine de Médicis, mai informée sans doute de Tincapacité de Tinfant, avait résolu de lui donner sa troisième fille, celle qui en 157S épousa le Béarnais. De toutes les missions qu'elle avait confiées à la reine d'Espagne, aucune ne lui tenait plus à cœur'. Les pourparlers avaient été entamés avant le mariage de Philippe IL Au commencement de 1 561 , la reine Catherine envoya en Espagne le portrait de Marguerite. Le tableau fut montré avec intention à don Carlos et à Philippe IL Elisabeth raconte elle-même cette scène à sa mère : € Quant les pintures arrivèrent, la princesse (Jeanne de Portugal) estoit issy, qui les treuva
1. LeUre de Claode de Nancay, dame de Vineoil, à la reine mère, do 28 norembre (1561) (Aotogr., f. fr., vol. 15S75, f. 436).
2. Lettrée de Catherine de MédieU, t. I, p. 87, 145, 192, 247, 604 et aiUears. — Néffoe. scu$ Français 11, p. 801 et soIt.
les plus belles du monde et prinssipalement œlle de ma petite soeur. Et le prince vint après, qui les vist et me dit trois ou quatre fois en riant : Mas hermosa es la pequegna. Si est aussy ; et je ay asseurés bien qu'elle estoit bien faite; et mad. de Glermont luy dit que c'estoit une belle famme pour luy. Il se print à rire et ne répondit. Le roy Ta trouvée fort belle et m'a demandé si elle estoit grande ^ > Les dames d'Elisabeth constatent que la proposition paraissait plaire au prince. La dame de Glermont raconte c qu'il se prist à rire et rougir. > La dame de Vineuil ajoute hardiment : c Je crois qu'il voudroit estre davantage son parant^. > Jehan Conseil, le confesseur d'Elisabeth, écrit à Catherine que les Espagnols sont tant c édifiés de la royne qu'ils disent qu'il leur fault encores avoir mad. vostre aultre fille pour leur prince^. >
Un peu plus tard Catherine invite sa fille, au nom de son propre intérêt, à de nouvelles démarches en faveur de Marguerite. Elle lui