‹ Le Traitement Actuel de la Dysenterie Ambienne ChroniqueChapitre 32 sur 35 · VOTRE · texte numérisé non relu

VOTRE

CE

la rétrocession des phénomènes douloureux ; l'examen. des fécès fait en octobre fut négatif. Traitement d’entretier : un comprimé de 25 centigrammes pendant trois jours consécu-

tifs et chaque mois. Guérison,

OgsEervATION XIV

H... 28 ans, se présente à la consultation le 15 août 1924, pour un état dysentérique caractérisé par des selles nombreuses’ douloureuses, et glaireuses. Hyperesthésie nette du colon

descendant et du rectum. Le début de ces accidents remonte-

rait seulement à une huitaine de jours. Le malade a fait un séjour à Bizerte, et dit avoir ressenti alors des troubles intestinaux légers. La rectoscopie faite le 15 août révèle des lésions dysentériques typiques. L’ampoule rectale est rouge, vernissée, avec des placards pultacés, et en certains points desulcérations de la muqueuse. L'examen microscopique des fécès montre de nombreuses amibes, et peu de kystes. Le malade reçoit chaque jour, et pendant quatre jours, 3 comprimés de 25 centigrammes de tréparsol. Au cours de cette première phase du traitement l’examen quotidien des selles fait constater la diminution rapide des kystes. Au cinquième jour dela cure les formes de résistance ont totalement disparu. Un nouvel examen rectoscopique pratiqué le 23 août montre une réparation anatomique presque complète. La muqueuse ne présente plus que quelques rares placards congestifs. Tous les signes subjectifs ont régressé, et le \ malade ne présente plus qu’une seule pâteuse par jour. Une cure d’entretien est conseillée, et le sujet sort de l’hopital

presque complètement guéri.

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OBSsERVATION XV

Mme L..., est hospitalisée le 19 octobre 1924 pour un état dysentérique. — En 1923 alors que la santé était apparemment | bonne apparaissent brusquement des frissons, des coliques vio- Jentes suivies de l'évacuation de caillots rouges mêlés de glaires. Mictions douloureuses. On porte le diagnostic de dysenterie, bacillaire. Sérothérapie spécifique. Accidents sériques graves. Aucune amélioration de l’état général.

La possibilité d’une dysenterie amibienne est envisagée, hypothèse qui justifie une cure mixte émétino-arsénicale. Le malade reçoit pendant trois jours, une dose quotidienne de 4 centigrammes de chlorhydrate d’émétine, et pendant huit jours une dose journalière de 50 centigrammes de tréparsol. Les épreintes et le ténesme persistent. L'état est précaire. Repos. Deux mois plus tard le tréparsol répris:à raison de 50 centigrammes pendant quatre jours est très bien: toléré: Les selles deviennent rares, perdent leur caractère hémorragique, les douleurs s’atténuent et le malade retrouve son aëti-

vité. Cures d’entretien pendant trois mois. :

OBsERVATION XVI

X.. se plaint de diarrhées persistantes dont le “débit remonte à trois semaines. Les selles faiblement hémorragiques sont fréquentes, précédées de coliques et suivies de lassitude très prononcée. Au microscope on identifie des tricocéphales l'étude chimique des selles montre que la digestion des substances amylacées ne se fait pas. Anachlorhydrie gastrique. Le

tréparsol est institué suivant le mode de traitement discon-

Dis.

tinu ; l'amélioration de l’état général se manifeste presqu’auss: tôt, les tricocéphales disparaïssent, mais l'insuffisance digestive n’est pas modifiée. Le retour de nouvelles débâcles diarrhéiques impose la reprise du tréparsol, succès passager, nouvelle rechute coincidant avec une coprologie négative. Ultérieurement le tréparsol associé à un régime alimentaire

approprié entraîne la guérison,

L'observation XII, qui nous a été communiquée par notre

. maître le DF Tanon, montre combien il est utile de recourir. à

Jl’arsenic, par voie buccale, dans les états pathologiques revêtant l'aspect de la dysenterie, même en dehors de l’identification de l’amibe, Le résultat du traitement prend ici la valeur d’un critère et permet de comparer la supériorité du dérivé formylé à l’activité inconstante du novarsénobenzol:

Nous devons à l’obligeance du D' Cain les observations XIII, XIV, XV et XVI. Elles nous paraissent instructives à plusieurs titres. L'observation XIV concerne un malade chez lequel la nature amibienne de la dysenterie a été formellement établie. La notion d’un séjour antérieur en pays infesté donnait une présomption que devait confirmer le laboratoire. Le tréparsol a rapidement enrayé les accidents, et les modifications constatées à la rectoscopie témoignent assez de l’activité du médicament.

L'observation XV révèle l'importance qui se rattache à la nécessité des cures successives, même lorsque les premiers essais thérapeutiques échouent. De même qu’un malade d’abord résistant à l’émétine peut bénéficier de nouvelles

administrations, un dysentérique peu amélioré par les pre-

mières doses du tréparsol n’est pas fatalement rebelle à l’action de l’arsenic, et peut en tirer profit dans la suite.

Les observations XIII et XVI ne se rapportent pas à la

dysentérie amibienne. Nous les relatons cependant car elleS

mettent en évidence le pouvoir antiparasitaire général qui possède le dérivé formylé de l’acide arsinique. Dans un des cas, des tricocéphales coexistaient avec des. phénomènes d'insuffisance digestive. La parasitose semble avoir été un phénomène contingent, favorisé par l’état de moindre résistance de l'organisme. Quoiqu'il en soit, le tréparsol en agissant

simultanément sûr les fonctions intestinales et sur les parasites

a finalement permis la reprise d’une alimentation réparatrice :

et débarassé le sujet de l'infection surajoutée.

Ces quelques réflexions, brièvement énoncées, autorisent le clinicien à attribuer au dérivé formylé la valeur d’un médicament à la fois antiparasitaire, antiseptique et puissamment

tonique.

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