Degré de persistance des résultats
—— La seule malade revue parmi les 6 premiers cas (traitement d’attaque seul) a fait une récidive.
—— Les 3 malades revus deux mois après cessation de leur traitement, sont en excellente santé.
-— Les 3 malades revus quatre mois après cessation
de leur traitement sont aussi toujours équilibrés. — Parmi les 6 malades revus six mois après cessation
de leur traitement:
— 2 ont fait une récidive;
— 4 sont toujours indemnes d’une reprise des
signes.
— Enfin, la malade revue un an après cessation de son traitement paraît définitivement guérie.
La nécessité s’impose donc de prolonger longtemps le traitement d’entretien (un an au minimum).
En outre, la fréquence des accidents toxiques signalés au sujet des premiers antithyroïdiens ne se retrouve pas actuellement avec les nouveaux dérivés, à la condition de ne pas administrer des doses exagérément élevées et d’exercer une surveillance stricte du malade.
L’augmentation du goitre et de l’exolphtalmie et la modification anatomique de la glande (congestion, friabilité), ne sont pas non plus aussi nettes que dans les premières expérimentations et, dans les trois cas que nous avons fait opérer après traitement au benzyl thiouracile, les conditions anatomiques ne gênèrent en rien le chirurgien.
Les associations thérapeutiques (sédatifs et œstrogènes en particulier) agrandissent le champ d’action des antithyroïdiens. ‘
Dans les cas enfin où le traitement chirurgical s’impose, les antithyroïdiens seront très utiles dans la préparation à l’intervention.
Cette question du traitement de l’hyperthyroïidie n’est pas pour autant résolue, loin de là. L’avenir nous apprendra en effet le degré de persistance des guérisons obtenues. Dans les cas de récidives après le traitement complet et correctement mené, il reste à vérifier aussi la possibilité de contrôler indéfiniment l hyperthyroïdie grâce à des doses réduites d’antithyroïdiens administrées d’une façon intermittente ou continue: on équi-
librerait ainsi un hyperthyroïdien comme on équilibre un diabétique, mais avec beaucoup moins de difficultés
et de dangers (54).
De plus, si les dérivés actuels offrent de très grandes possibilités, ils ne constituent cependant que des chaînons dans la liste des anti-thyroïdiens de synthèse. Eu effet, ASTWooD (55), poursuivant ses expérimentaüons, laisse espérer l’apparition dans la thérapeutique antithyroïdienne de corps hautement efficaces et à peu près dépourvus de toxicité, tels le méthyl 1 mercapto imidazole qui est expérimentalement cent fois plus actif que le thiouracile, done environ dix fois plus actif que les dérivés actuellement employés (benzyl et propyl thiouracile).
On ne saurait négliger non plus les espoirs soulevés par l’apparition de l’iode radio-actif. Après plusieurs années d’expérience, les auteurs s’accordent à dire, il est vrai, que ses indications restent limitées:
— échecs du traitement médical avec refus de
l’intervention,
— échec du traitement médical dans les récidives
post-opératoires,
—— cardicthyréoses rebelles au traitement médical
et ne permettant pas l’intervention,
— cas d’exolphtalmie œdémateuse.
En fait, l’ère expérimentale n’est pas encore révolue et l’on réserve pour le moment cette forme de thérapeutique aux sujets ayant dépassé la cinquantaine.
Sans doute dans l’avenir les expérimentateurs chercheront-ils à s’adresser non seulement à l’organe effecteur — la thyroïde — ce qui est le but des thérapeutiques actuelles — mais aussi aux centres responsables du déclenchement de l’hyperthyroïdie (hypophyse-hypoihalamus).
Déjà, nous l’avons vu, certains traitements ont une prétention étiopathogénique (æstrogènes à hautes
deses, corps H. 365 employés en vue de freiner l’hyperactivité anté-hypophysaire).
Il restera — grâce aux progrès des recherches biologiques visant à explorer le fonctionnement des centres supérieurs — à préciser lés facteurs primitifs de
l’hyperthyroïdie et là, la thérapeutique aura fait un immense pas en avant.
Le Président da Thèse, Vu: Le Doyen,
Pour le Doyen, l’Assesseur,
MERIEL BRUSTIER