‹ Le Traitement de Choix des Cancers Adhérents et Étendus du CœcumChapitre 3 sur 24 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'histoire du cancer de l'intestin tient presque toute entière dans ce siècle.

Dans sa thèse de concours, Peyroi a rappelé les interventions de Praxagoras, de Cos, et c'e Léonidès, d'Alexandrie et où il pouvait bien s'agir de cancers du gros intestin. Mais comme le remarque Lardennois, ce n'est guère que la pralique des aulopsies, qui permit d'apprendre à reconnaitre le cancer de l'intestin.

De Littré à nos jours,: c'est-à-dire pendant les dernières années du XVII: siècle et les trois premiers quarts du XIX° siècle, le cancer intestinal fut considéré comme une entité peu intéressante. Les anatomistes (Cruveilhier) puis les histologistes (Virchow) l’étudient ; les sociétés entendent de loin en loin la communication de quelques observations le con-

cernant.

Une fois cependant le monde médical fut violemment ému, quand Reybard (de Lyon, 1843) vint raconter qu'il avait réséqué et guéri un cancer siégeant à l'union de l'S ihaque et du colon ascendant. Richerand, d'après Jobert de Lamballe, nommé rapporteur du mémoire de Reybard à l'Académie de médecine, avait déjà, parait-1l, pratiqué sans succès une opération analogue.

Cependant les perfectionnements apportés par Nélaton à l'entérostomie avaient peu à peu attiré l'attention sur le cancer de l'intestin, en faisant espérer, au moins pour lui, une méthode palliative. Mais les résultats qu'elle donnait et qu'on retrouve dans la thèse de Peyrot ou le mémoire d'Oscar Bloch, élaient loin d'être brillants.

En 1874, nous voyons les anatomistes el les pathologistes commencer l'étude sérieuse de la maladie. |

À l'étranger, 1l faut citer les travaux remarquables de Leichtenstern, Maydl, Williams, en France, ceux de Haussmann et de du Castel.

La thèse de Peyrot, qui termine cette période, est un précieux monument, qui résume les efforts de l’ancienne chirurgie et les espoirs de la nouvelle.

En effet, dès l'ouverture de la période antiseptique, la théapeulique devient rapidement agressive. On attaque le cancer de l'intestin par l’entérectomie. Ces tentatives hardies ne furent pas toujours heureuses : le premier suceès opératoire est celui de Güssenbauer et Martini, en 1880.

Mais l'élan était donné : depuis, les publications se sont succédé nombreuses el importantes, surtout en Allemagne. Elles ont. en vue, soit le traitement chirurgical, soit le traitement palhatif. Citons celles de Billroth, Kônig, Czerny, Trendelenburg, Bier, Krônlein, Kôrte, Hahn, Hochenego, Eiselsberg ; en Angleterre ou en Amérique, celles de Treves, Paul Thompson, Senn, Murphy ; en Italie, Storchi ; en Hol-

SAUO sent

lande, van [terson et van der Hœven : en Danemark, Bloch el Studsgaards : en Suède, Lennander, Carlson, Borelius ; en Russie, Pavlovf, Vassilievi : en Pologne, Kosinski.

En France, nous avons pendant ce temps les observalicns où travaux de Camus, Péan, Anger, Artus, Chaput, Monprofit, Nélaton, puis l'intéressante monographie de Lardennois. La plupart de ces travaux visent l'acte chirurgical.

De bonne heure aussi, dans les cas où le traitement chirurgical était contré-indiqué, on a essayé le traitement pallaif, c'est-à-dire l’entére-anastomosé simple et l'Exclusion.

L'Exclusion de l'intestin a été surtout pratiquée en Allemagne, mails c'est plus particulièrement à Vienne, à Prague, à Cracovie, qu'ont été soigneusement étudiées les conditions dans lesquelles elle doit être faite.

Primitivement, on eut recours à l'exclusion de l'intestin dans un but expérimental. Les physiologistes, désireux d'étudier les caractères et les propriétés du suc intestinal, cherchèrent à recueillir en abondance le produit de sécrétion de l’intestin en pratiquant l'exclusion d’un segment intestinal (Ausschaltung).

Expériences de Thiry, 1864 et de Vella, 1888.

C’est en 1885 que l'exclusion de l'intestin est pratiquée pour la première fois par les chirurgiens.

Trendelenburg (de Bonn), à propos d'un carcinome cœcal, avec fistule stercorale, fait l’anastomose de l'iléon et du côlon, et ferme les deux bouts de la portion exclue. Cette opérallon passe maperçue et ce n'est que neuf ans plus tard que Ernst Becker en montre l'importance.

À partir de 1892, elle est pratiquée dans tous les pays de langue allemande. Les travaux de Salzer, en 1891 et 1892 ; de Hochenegg, et de Rudolf Franck en 1892 ; de von Eiselberg et de Klecki en 1893 ; de von Baraez et d'Obalinski, en

Tire 1894 : de Reichel, de Bier, de Wiesinger, de Funke et de Friele, en 1895 ; de Narath et d'Obalinski, en 1896, expression vivante des polémiques qu'elle suscila, ont contribué à dégager l'exclusion des incertitudes du début et à lui donner la valeur d’un procédé classique.

L'exclusion de l'intestin ne fut vulgarisée en France qu'en 1897, au moment où Heydenreich, de Nancy, fit paraître une étude critique sur ce sujet. En 1898, L'avisé, de Bruxelles, en publie deux observations. En 1899, Terrier relate la première exclusion pratiquée en France. En même temps, von Eiselberg et Narath, en Allemagne, exposent, dans des travaux intéressants, leurs idées personnelles sur la question. En 1899, von Baraez fait paraître une étude expérimentale très documentée.

Mais ce n'est que depuis 1900, époque où parut, dans la Revue de Chirurgie, l'article de Terrier et Gosset, que l'exclusion de l'intestin a acquis le droit d'être cité en France:

La même année, on discute, à la Société de Chirurgie de Paris, une observation de Hartmann.

En 1901, Druchert dans une série d'articles publiés dans l'Echo médical du Nord et dans sa thèse inaugurale, résume la partie expérimentale de Ia question.

À l'étranger, paraît le travail de Roskoschny, qui relate les brillants succès oblenus par la méthode Hochenegg, dans la tuberculose cœcale.

En 1902, signalons les articles de Kammerer, Langemak, d'Erwin Payr, et la thèse de Wilhelm Ammer. En Italie, Giordano, de Miian, et Nannoti, de Pistoia, emploient l’exclusion dans le traitement de certaines colites. La thèse de Labey résume leurs idées.

En France, paraît, en 1902, un article de Delore et Patel, dans la Revue de Chirurgie, sur la valeur physiologique des divers procédés d'exclusion, une description de la méthode

BR EIRE par Jeannel, des observations de Peyrot, Mouchet, Pauchet et Jaboulay.

En 1903, le Lyon médical publie un article de Cavaillon. Lance, dans sa thèse Inaugurale, fait une étude clinique très complète de l'exclusion et rapporte de nombreuses observations. Quelques mois plus tard, Vautrin, dans la Revue de Chirurgie, s'attache à montrer l'utilité de l'exclusion et revendique l'honneur de l'avoir le premier pratiquée en France. A la Société de chirurgie, s'élèvent, en juin et en juillet, des discussions mouvementées dans lesquelles Faure, Poirier, Tuffier et Routier se font les adversaires acharnés de l’exclu- Sion.

Signalons enfin, au XVI° congrès de chirurgie, le rapport de Hartmann, qui met au point la question et laisse, le 19 octobre 1903, le champ libre aux discussions. Roux, de Lausanne ; Girard, de Berne : Doyen, Beïger, Mauclaire, Mores-. ün ; Monprofit, d'Angers, rapportent leurs observations et discutent les procédés opératoires et les indications de l'exclusion.

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