‹ Le Traitement de l'hypertrophie de la Prostate Par L'électrorésection EndoscopiqueChapitre 52 sur 80 · LA GRAVITÉ DE L'INTERVENTION · texte numérisé non relu

LA GRAVITÉ DE L'INTERVENTION

Ce qui frappe dans l’étude des statistiques publiées, c’est le pronostic très différent selon les auteurs ; il varie, en effet, de 1 % de mortalité, pour certains, jusqu’à 13 à 20 % pour d’autres.

Au début, la grande vogue de la méthode, — le fait qu’on la considérait comme un procédé bénin très simple — a fait appliquer la résection sans préparation suffisante et indistinctement à un très grand nombre de prostatiques. Les complications se font alors de plus en plus fréquentes ; les cas de mort se multiplient.

ALCOCK, au Congrès de Toronto, courageusement signale les 12 morts qu’il a observées et insiste sur la préparation minutieuse qui doit précéder l’intervention.

Pucx insiste sur les désastres ausquels peut aboutir la résection, dans un article intitulé « Waterloo au col de la vessie », titre pour le moins curieux sous la plume d’un chirurgien d’origine britannique.

Sur 125 résections : 21 morts et ces résultats lui font faire des réserves importantes,

— Voici le taux de la mortalité suivant un certain nombre d'auteurs:

Gé QE GG

Nombre Nom de résections

ATCOCR 2-00 175 RUSOH SE 07 re 110 DAV ere 68 WAEKER : 100 HOFFMEISTER .. .... 48 KAHLE, THoMPsoN.. 39 GOLDSTEIN et LEvy. 18 KAPRIS ip ete 18 PHELIPÉ re 59 HAINRS Re cer 21 ROSENBURG ....... 60

Nombre de morts

Taux

Causes

2 infections urinaires.

2 pneumonies.

2 urémies.

2 gangrènes de la vessie.

1 abcès rétro-vésical.

3 morts subites à la convalescence.

6 hémorragies.

2 abcès du rein.

1 défaillance cardiaque.

1 bronchopneumonie.

l urémie.

3 inf. urinaires (les 5 chez des malades infectés).

1 pyélonéphrite.

1 atrophie jaune aiguë du foie.

1 diabète.

5 défaillances cardiaques.

3 urémies.

1 infection locale.

2 défaillances cardiaques.

1 bronchopneumonie.

1 septicémie.

2 septicémies.

1 bronchopneumonie.

hépatite aiguë.

1 hémorragie cérébrale.

1 infection ascendante.

1 psychose (?).

Donc, chez ces auteurs, la mortalité varie de 5 à 20 6:

Par contre :

Nombre Nombre Nom de résections| de morts Taux Causes MOUNG IEEE M 500 3 0,7 % | 1 diabète.

BUMEUS ete 702 7 1% | 1 perforation.

(dont 19 °/, de . À her pie 1 périprostatite.

é préalables) 4 infections urinaires.

D'ANTBRRS rene 330 3 0,9 % | 1 urémie (à la chute d’escarres).

2 défaillances cardiaques.

USSR SNL 209 4 1,9 % | 2 urémies.

1 défaillance cardiaque.

1 sénilité.

Mc CARTHY ........ 125 2 1,8 % | 1 pyélonéphrite. CoLLINGS ......... 135 1 0,7 % | bronchopneumonie. BRAASOH ES... 800 8 LUE OCKERBLAD ....... 130 2 1,6 % | 1 hémorragie tardive. 1 septicémie.

BALLENGER ........ 59 1 L8% CADIR RSR: SR 771 5 OS

Ces auteurs ont donc une mortalité n’atteignant pas 2 %,

Enfin :

D na Wat rein Pr LE DE mue me rs 7 “SR Nomb Nom de inoctions Mort MATH ot DE LA PENA 1-0. 2... 143 0 Kpvyzes, FRASER et Mc LELLAN............ 25 0 BOL Men A + le ares Mois Cie 20 0 NGELIRESE TAN AU ns JOUR SAM 64 0 POV PE ne dr da see dacu ste ie enne 38 0

Nous avons vu, au chapitre Complications, les accidents graves — mais n'ayant pas entrainé la mort — qui peuvent suivre l’électrorésection. Ici aussi, les variations sont grandes suivant les auteurs.

Dans leur enquête, Lewis et CARROL, outre 87 morts, groupent : 45 hémorragies sévères, 20 infections, enfin 63 autres complications, telles que : épididymites, calculs secondaires de la vessie, etc.

Pourquoi, entre les mains d’auteurs tels que : YounG, BuMPUS, Mc Carruy, les suites sont-elles simples, la mortalité minime ? :

19 La très grande majorité de leurs malades sont porteurs d’adénomes peu développés, souvent même d’une simple maladie du col. Ils ne s’attaquent que rarement aux volumineuses hypertrophies de la prostate ou bien, dans ce cas, ne le font-ils qu’en pratiquant au préalable la cystostomie (Bumpus, Mc CARTHY).

20 L'état général du malade est soigneusement étudié au préalable, comme pour une prostatectomie, de même que l’état local et ils n’hésitent pas à pratiquer la cystostomie préalable dès que l’infection est sévère, la prostate à tendance hémorragique, le résidu trop important, les fonctions rénales déficientes.

30 Enfin, l'expérience personnelle de l’opérateur entre certainement en jeu. Ainsi, Ruscx avait 22 9% de mortalité dans ses 41 premiers cas ; actuellement qu’il a pratiqué 110 résections, le taux de la mortalité est tombé à 9,5 %.

Dans l’ensemble, donc, si l’électrorésection est moins choquante et moins sérieuse que la prostatectomie (dont les plus belles statistiques ne peuvent descendre au-dessous de 3 % de mortalité), elle reste, dès qu’on veut s’attaquer aux cas avancés de la maladie, aux volumineuses prostates, une snfervention sérieuse. La bénignité de la résection est donc facteur :

— De la minutie des soins pré ou post-opératoires ;

— Du choix serré des indications.

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