‹ Le Traitement de l'hypertrophie de la Prostate Par L'électrorésection EndoscopiqueChapitre 7 sur 80 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Durant ces dernières années, il est une méthode de traitement de l’adénome prostatique qui a pris, particulièrement aux États-Unis, une ampleur démesurée : c’est la résection par voie endo-urétrale, à l’aide des courants de haute fréquence et sous le contrôle de la vue.

Des communications innombrables ont été faites à ce sujet. Des résultats excellents sont fournis par de nombreux urologues. Aussi cette méthode connait-elle, aux États-Unis, une vogue considérable, au détriment de la prostatectomie qui semble n’être pratiquée que de plus en plus rarement. Pour certains même, celle-ci ne vivrait plus que des contre-indications de la résection.

En 1932, CauULK ne pratique qu’une seule prostatectomie, sur plus de 100 cas.

Bumpus, 3 prostatectomies contre 202 résections.

LIVERMORE déclare ne pas avoir eu à opérer plus d’un cas sur 16 et, au fur et à mesure que sa technique se perfectionne il réduit encore les indications de l'intervention par voie haute. Il s’empresse d’ajouter : « La prostatectomie est destinée à tomber en désuétude ».

FRISCHER n'hésite pas à déclarer que « la prostatectomie a vécu ».

Les plaidoyers en faveur de l’endorésection ne manquent guère : «intervention très simple », «essentiellement bénigne », « guérison d’aussi bonne qualité que par l'opération radicale », tels sont les qualificatifs les plus fréquemment retrouvés.

Les progrès de la technique aidant, on la déclare applicable même aux grosses prostates. On ne fait de réserves que pour les prostates géantes.

Nous avouons avoir été surpris par ces attaques violentes contre la prostatectomie, qui ne nous semble pas être une intervention, si lourde de mortalité, si sanglante ou insuffisante dans ses résultats quand les indications en sont bien posées.

L'opération de FREYER, comporte au contraire, une technique admirablement réglée, qui donne, entre les mains des chirurgiens, un pourcentage de mortalité très faible, à condition que les indications en soient minutieusement posées.

DO

Du reste, l’école française et, avec elle, un certain nombre d’urologues américains, se refusent à partager cet enthousiasme pour la résection et réservent toujours à la prostatectomie, une place essentielle.

Au dernier Congrès Français d’Urologie les rapporteurs FEY et Dossor, ne concédent à la résection qu’une place limitée et refusent de discuter la valeur de la prostatectomie, qui reste le traitement idéal de l’hypertrophie prostatique.

En Amérique, Mc CaARTHY s'élève contre une vogue excessive, qui risque de discréditer cette méthode pour laquelle il a tant fait, et met en garde contre les déboires qui attendent les urologues trop enthousiastes.

Avec une certaine ironie, Brandsford LEwIs et GRAYSON CARROL, dans leur article intitulé « Les résections prostatiques sans clair de lune ni roses » tentent de réfréner l’enthousiasme en signalant nombre d'accidents graves survenus.

Nous avons voulu essayer d’y voir clair, d’étudier les faits, d'appliquer la méthode et d’en apprécier les résultats d’après l’étude des nombreuses observations publiées.

Nous avons pu pratiquer 7 résections, mais il est évident que tirer des conclusions de cette expérience personnelle, si réduite et si récente, nous paraît pour le moins téméraire.

Avec Day, nous croyons plus raisonnable de dire « qu’il faudrait 1.000 cas et 10 ans de recul pour conclure ».

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