‹ Le traitement de la coxalgie [electronic resource]Chapitre 46 sur 62 · CORRECTION AMENÉE PAR LOPERATION · texte numérisé non relu

CORRECTION AMENÉE PAR LOPERATION

Nous allons donner d'abord les chiffres du raccourcissement présenté par nos malades un à trois ans après l'intervention. Nous dirons l'état des fonctions du membre chez ceux qui sont laissés en liberté dès maintenant.

Le raccourcissement primitif était en moyenne de 15 à 20 centimètres et chez deux d'entre ces malades atteignait même 28 et 33 centimètres Leur impotence était absolue depuis quatre et

sept ans. .

Le raccourcissement actuel, chez les dix-huit malades opérés depuis plus d'un an , est de moins de deux centimètres chez six malades; de deux a quatre centimètres chez six malades; de quatre a six centimètres chez le dernier tiers (six malades).

D'où viennentces différences dans le résultat? De ce que les trois facteurs du raccourcissement ont une importance respective bien variable suivant les cas. Or, tandis que l'un des facteurs,

l'altitude vicieuse, peut être intégralement corrigé, le deuxième, la luxation, ne l'est qu'en partie, et l'atrophie (troisième (acteur) reste ce qu'elle était, s'augmente même parfois, mais de quelques millimètres seulement, sous l'influence de la longue compression de l'appareil plâtré.

C'est donc à l'atrophie qui persiste toujours ou s'augmente, et à la luxation dont la correction ne peut pas être maintenue d'une manière parfaite, qu'est dû ce raccourcissement qui survit, si je puis ainsi dire, à l'intervention chirurgicale.

L'atrophie avait atteint, chez certains de ces malades depuis longtemps difformes, une valeur de 3 centimètres ou 3 centimètres un quart.

Que l'on veuille bien se souvenir, d'autre part, qu'il est des cas où la luxation n'a été que très légèrement corrigée; ou bien parce que je n'y pouvais rien, une fracture du fémur survenue sous notre pression rendant inutile tout nouvel efl'°rt; ou bien parce (pie je n'ai pas voulu rechercher celle correction, n'osant pas prolonger de pareilles (raclions chez des coxalgiques atteints en outre de mal de Poli; et l'on s'expliquera ainsi facilemenl que six de nos malades aient gardé des raccourcissements de à 6 centimètres.

Chez tous les autres, le raccourcissement persistant est inférieur à 4 centimètres.

C'est que chez eux le fémur a pu être abaissé jusqu'au niveau de la ligne de Nélaton, à quelques millimèlres près.

S'y est-il maintenu? Pas complètement, mais jamais non plus nous ne l'avons vu remonter à sa hauteur première.

Il n'y a pas ici emboîtement des deux extrémités articulaires ; le fémur ne sera pas arrêté par un rebord osseux comme cela existe après la réduction d'une luxation traumatique, mais la traction énergique à laquelle le membre est soumis jusqu'à la dessiccation du plâtre, et surtout l'abduction de 30 à 35° imposée au fémur par l'appareil pour une année entière, obligent l'extrémité supérieure de l'os à contracter ses nouvelles adhérences, sinon au niveau même, du moins très près de la ligne de Nélaton.

Si donc la correction n'est jamais mathématiquement parfaite, le bénéfice est toujours très considérable, et dans certains cas presque invraisemblable, comme on le verra par la lecture des observations1.

L'intervention a pu supprimer, chez presque tous les malades pour qui il nous a été permis de pousser jusqu'au bout les manœuvres de

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