CHAPITRE X Quatrième cas
TRAITEMENT DE LA. COXALGIE A LA PERIODE DES FISTULES, AVEC OU SANS ATTITUDES VICIEUSES.
Sommaire. — S'occuper d'abord de la fistule. L'on corrigera plus tard l'attitude vicieuse.
En attendant, faire la contention du membre.
L'existence d'une ou de plusieurs fistules est pour beaucoup de chirurgiens une indication pressante de faire la résection de la hanche.
C'est une opinion funeste à combattre.
L'on peut guérir presque toutes, sinon toutes les fistules.
Pour y arriver il faut l'aire l'antisepsie la plus rigoureuse.
La raison de la gravité des fistules se trouve, en effet, dans
les infections surajoutées (à staphylocoques et à streptocoques) qu'on aurait pu éviter avec une bonne antisepsie.
Lorsque la fistule tarde à se fermer, le chirurgien fera des injections modificatrices, des curettages du trajet, l'extirpation complète de la paroi de la cavité fistuleuse.
La guérison sera obtenue par ce dernier moyen après une ou plusieurs interventions, mais, clans tous les cas, s'il s'agit d'une fistule indépendante de la jointure.
Les fistules communiquant avec la jointure ont un pronostic plus sérieux.
Souvent la contention bien faite transforme une fistule dépendante de l'articulation en une fistule indépendante par la formation de processus adhésifs dans la profondeur, alors le traitement précédent suffit.
Dans le cas contraire, faire des curettages, des pelils grattages et une bonne antisepsie et s'armer de patience.
L'on arrivera tôt ou lard à la guérison par ces petils moyens.
La durée de la suppuration n'est pas une raison suffisante de faire la résection.
L'abondance de la suppuration pas davantage; si l'on a soin de bien drainer la hanche, cette suppuration n'est jamais un danger.
La durée et l'abondance de la suppuration n'amènent peut-être jamais la dégénérescence viscérale lorsqu'elles ne se compliquent pas de fièvre.
La fièvre traduit la résorption septique, c'est le grand danger.
Ne pas avoir de trêve avant que la fièvre soit tombée.
Pour cela, faire de l'antisepsie, des drainages multiples, et si l'on ne peut pas arriver ainsi à la supprimer, en venir à la résection de la hanche.
La persistance de la fièvre est la seule indication à la nature de la résection 170
Sommaire. — Indications de la résection.
Grandes divergences à ce sujet entre les divers chirurgiens:
TABLE DES MATIÈRES
1" Les uns résèquent avant l'apparition du pus. Ils sont de moins en moins nombreux.
Ollier résèque les coxalgïes très douloureuses avant l'apparition du pus.
2" D'autres attendent la présence du pus.
3" D'autres (la plupart) ne font la résection que pour les coxalgies listuleuses.
Mais, tandis que les uns n'attendent pas un seul jour, les autres attendent quelques mois ou un an.
Pour eux, l'indication se tire de la longue durée de la fistule.
Indication tirée de l'abondance de la suppuration.
Indication tirée des accidents généraux, de la fièvre surtout.
Pour examiner une question aussi controversée, il faut examiner : 1° Ce que l'on peut sans la résection dans les divers cas.
La réponse se trouve dans les chapitres précédents.
2° Ce que peut la résection : (a) pour l'avenir, pour conjurer la généralisation tuberculeuse et prévenir les récidives locales; (ù) pour avoir raison des accidents présents, soit locaux, c'est-à-dire suppuration ancienne et abondante et ses dangers; soit généraux : intoxication de l'organisme, déchéance de l'organisme, danger pour la vie; (c) danger de l'opération elle-même.
Les résultats au point de vue orthopédique.
La résection ne supprime pas le danger de la généralisation de la tuberculose.
Il n'est pas démontré qu'elle soit d'une manière générale plus avantageuse que l'arthrotomie et les curettages articulaires contre les suppurations anciennes et abondantes. Et d'autre part, elle laisse, au point île vue orthopédique, des résultais toujours inférieurs à ceux du traitement conservateur et trop souvent de véritables infirmités, pour que l'on ne doive pas chercher par tous les moyens à l'éviter.
Il faut l'éviter dans tous les cas où l'intérêt vital du malade! n'est pas en jeu.
La vie du malade n'est en danger que lorsqu'il y a de la lièvre. L94