Loco citato
réduction, les trois quarts du déplacement en hauteur du fémur.
Il serait banal d'ajouter ici que le traitement consécutif à l'opération est de la dernière importance pour maintenir le bénéfice acquis par l'intervention.
Résultat fonctionnel. — L'amélioration de l'état fonctionnel du membre n'est pas toujours parallèle à la correction du raccourcissement.
Il est bien d'autres éléments à considérer : la direction du membre (surtout), Y inclinaison compensatrice du bassin et du rachis, la vigueur des muscles de la région, la souplesse de la jointure nouvelle.
Si nous considérons au point de vue fonctionnel les malades de nos dix-huit premières observations (les autres sont encore au repos), nous comptons :
a) Trois résultats parfaits, sans boiterie appréciable.
b) Sept résultats très bons.
c) Six résultats simplement bons.
d) Enfin deux résultats médiocres. Les malades n'ayant été que peu ou pas améliorés par l'intervention.
En somme nous pouvons dire que le bilan de nos résultats est excellent. Quelles raisons invoquer dès lors pour préférer l'ostéotomie au redressement?
1° L'impossibilité de faire le redressement? — ■ Nous avons déjà dit que nous n'avions jamais rencontré cette impossibilité : que sur les trente à quarante malades par nous visités depuis quatre ans, chez qui d'autres chirurgiens avaient fait le diagnostic d'ankylose vicieuse de la hanche à la suite de coxalgie, l'examen approfondi du sujet, fait sous le chloroforme, a révélé que la soudure des deux os n'était pas complète.
2° La gravite moins grande de ï ostéotomie? — Mais à qui ne fait pas en même lemps la ténotomie, le redressement ne réserve jamais de mécompte, si nous en croyons nos observations, même lorsqu'il est nécessaire de recourir aux tractions les plus énergiques.
Peut-on en dire autant de l'ostéotomie? Sans doute il serait injuste de vouloir juger cette méthode sur les chiffres donnés par Campenon : 5 morts opératoires sur 46 ostéotomies.
Mais la gravité de cette intervention sanglante faite par le chirurgien le plus avisé ne pourra jamais être moindre que celle du redressement méthodiquement conduit.
3° La longueur du traitement post-opératoire et les dangers de la récidive après le redressement? — Oui, peut-être. Il est certain que nos opérés ont besoin d'être longtemps suivis.
Après deux mois, la consolidation osseuse est
complète chez les ostéotomisés, mais n'ont-ils pas besoin eux-mêmes de surveillance? Le danger de voir la mauvaise altitude revenir ou s'accentuer ne persiste-t-il pas chez eux, puisque l'ankylose n'est jamais complète?
Dans le cas si intéressant de mon maître le professeur Terrier *, M. Hennequin signale comme une circonstance heureuse la possibilité de mobiliser « l'ankylose » coxo-fémorale après la guérison de la plaie de l'ostéotomie.
Mais alors l'attitude vicieuse pourra se reproduire et bien plus facilement que si le malade avait été redressé, parce que, après l'ostéotomie, la transmission du poids du corps continue à se faire obliquement sur le fragment supérieur et que, après le redressement, cette transmission se fait directement (ou à peu près) sur le fémur.
4° Les résultats du redressement seraient-ils inférieurs à ceux de l'ostéotomie? — Il est nécessaire de considérer successivement le résultat physique, c'est-à-dire la correction du raccourcissement et le résultat fonctionnel.
Le redressement s'adresse à deux des facteurs du raccourcissement : la luxation du fémur et l'attitude vicieuse.
L'ostéotomie ne vise que ce dernier facteur.