‹ Le Traitement de la Fièvre TyphoïdeChapitre 4 sur 12 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'usage de Гіоде dans la fièvre typhoide remonte а 1849 (1). A cette époque, dans un rapport adressé sur le traitement de cette maladie, M. Amic, médecin en chef de la Marine à la Martinique, s’exprime ainsi « la teinture d'iode amène la disparition des symptömes gastriques ; la langue se nettoie et devient humide, la fièvre se calme, et les selles diarrhéiques sont supprimées ». Suivant les conseils du Docteur Amic, plusieurs médecins de marine, en particulier le docteur Barraillier (de Toulon), employèrent cette médication dont ils se déclarèrent très satisfaits.

En 1853, le docteur Aran obtint à l'hôpital de la Pitié, de bons effets de la teinture d’iode administrée à la dose de quinze à trente gouttes dans les vingt-quatre heures, par cinq gouttes à la fois, soit sur un morceau de sucre, soit dans un sirop quelconque ; et, rapporte Boinet, la langue qui était « sèche, collante, rapeuse » s’humectait rapidement, le ventre cessait d'être douloureux et s'assoupplissait, les selles devenaient moins fréquentes ; huit malades furent soumis à ce traitement à différentes

(1) ‘Des recherches plus approfondies nous ont permis de découvrir que, déjà en 1841, le médecin irlandais Smith avait employé avec succès Гіодиге de polassium contre la fièvre typhoïde.

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périodes de la maladie; un seul succomba, les sept autres entrèrent rapidement en convalescence et un d'eux vit disparaître sous l'influence de cette médication des vomissements rebelles 'qui existaient depuis le début. |

Les résultats pourtant heureux du docteur Aran firent peu де bruit et c'est seulement en 1859 que le. traitement de la fièvre typhoide par Гіоде est de nou- ` veau préconisé; le docteur Magouty publia alors une brochure dans laquelle il relatait vingt-et-un cas de fièvre typhoide traités par des solutions iodo-iodurées el suivis de guérison; d'après Magouty Гіоде а impri-

mé une modification profonde à l’ensemble des désor- |

dres et a semblé révéler une propriété comparable à celle des agents spécifiques les mieux établis.

Peu de temps après la publication du mémoire de Magouty, Marchal (de Calvi), dans une communication faite à l'Académie des Sciences annonçait également qu'il s'était servi avec succès de l’iode à l'intérieur contre la fièvre typhoide.

La même année (1859) dans le Journal de méde-

cine et de chirurgie pratiques, le docteur Mazel de

Thonac (Dordogne), qui lui aussi traitait les typhiques.

par Гіоде depuis 1854 affirmait qu'il n'avait perdu aucun malade bien qu'il ait traversé deux épidémies de fièvre typhoide et qu'il en ait rencontré un grand nombre de cas isolés dans sa clientèle. й

Au cours d’une épidémie qui sevit A Lorient en 1862,

le docteur Daniel médecin traitant A l'hôpital де Port-

Louis, a trouvé Гіоде fort avantageux : « la langue se dépouillait, le délire cessait et une amélioration notuble se manifestait ».

En 1865, M. Félix de Villebrand, professeur de méde-

cine pratique à Helsingfors publia dans les archives de

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Virchow, une série de treize observations dans: lesquelles il avait employé Viode. Sous l'influence de cette médication M. de Villebrand a constaté une diminution notable de la température au bout de deux ou trois

jours, l'intégrité de l'intelligence ou la cessation rapide

des accidents délirants, enfin, il a toujours vu Гаругеxie et la convalescence survenir à une période relativement peu avancée de la maladie.

Vers la même époque Régis (d'Auterive) qui avait soumis six typhiques à l'usage de pommade 10066 en frictions sur le ventre, pendant qu'il leur faisait prendre de la teinture d’iode à l'intérieur, avait remarqué une prompte diminution puis la disparition des symptômes nerveux, la maladie restait réduite « aux simples proportions d’une entéro-mésentérite bénigne ».

En Allemagne, Jelenski, qui employait de préférence Гіодиге de potassium exposa en 1889 les résultats très encourageants qu'il avait obtenus, nous donnerons plus loin un résumé de vingt observations très soigneusement prises par се praticien.

Klietsh en 1892, Grosh en 1896, se montrèrent également très satisfaits de l’action de l’iode dans la fièvre typhoide; Klietsh qui l’administrait à doses élevées puisqu'il faisait donner toutes les: heures huit à dix gouttes du mélange suivant:

UMAR MAL es. 0 gr, 5040 gr. 80 Iodure de potassium.. 6 gr. à 8 gr.

Eau distillée...)

Eau de menthe. $ 3 Bet

affirme avoir vu la température baisser du quatrième au sixieme jour et se terminer par un lysis au bout de huit à douze jours; l’auteur produit une statistique de 19 cas avec deux décès seulement.

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Au début du siècle les Italiens firent de très importants travaux sur le question. En 1901, Cavazzani et Lucchesini expérimentèrent le traitement iodé sur une grande échelle (107 malades) et introduisirent la pratique des injections sous-cutanées de solutions іодо-іодоrées, ils insistèrent principalement sur la disparition rapide des symptômes nerveux, sur le début précoce du lysis, sur l'absence presque constante de complications et sur la brieveté de la convalescence.

Cerioli et Campanella en 1905, obtinrent des résultats très encourageants de la médication iodée.

Vers la même époque, Raynaud, Perez (de Tenerifie)

et Lafitte (de Santiago), utilisèrent avec succès l’iode contre la fièvre typhoïde. |

De 1904 а 1912, MM. Arnozan et Carles traiterent 44 typhiques раг la teinture diode et n'enregistrerent que quatre décès, ils constaterent que bien des malades entrés à l'hôpital avec des phénomènes alarmants s'amélioraient rapidement sous linfluenee du traitement et que la guérison survenait promptement surtout pour les cas soignés dès le début.

Vernier (d'Hyères), qui employait systématiquement l'iode, l'acide arsénieux et la strychnine associés depuis 1908, obtint la guérison de 31 cas de fièvre typhoïde ainsi traités.

Enfin, plus récemment encore, Bidault. et Boudreau (de Bordeaux) défendirent énergiquement la médication iodée qu 115 utilisent depuis très longtemps et dont ils n'ont toujours eu qu ‘à se louer.

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