I. — Malades qui ne reçurent qu'une série
a) Nous devons éliminer immédiatement 11 malades qui tirèrent tous un grand bénéfice du traitement. Mais celui-ci date seulement de quelques mois. Si les sels d’or ont modifié nettement la situation présente, il nous est encore impossible de rien préjuger de leur avenir.
b) 65 malades, traités il y a plus de dix mois, n’ont présenté depuis cette époque aucun signe d’activité. Pour certains le traitement est déjà vieux de deux ans. Chez trois d’entre eux, il a trois ans. La plupart ont reçu leur série il y a plus d’un an.
(Sanatorium Mangini)
M'° S.. Marie, 20 ans, entre le 10 octobre 1927 au Sanatorium Mangini. Elle est malade depuis 18 mois. Elle n’eut jamais de fièvre, mais voilà plus d’un an que ses efforts se brisent contre une expectoration qui s'accroît de jour en jour, des bacilles dont le nombre augmente, des hémoptysies qu’elle ne compte plus.
I1 s’agit d'une tuberculose nodulaire à tendance fibreuse bilatérale prédominante à gauche.
On pratique, du 4 novembre 1927 au 5 janvier 1928, 9 injections de sanocrysine, soit 4 gr. 85. L’expectoration diminue
immédiatement. Les bacilles tombent de 30 à 3 par champ microscopique. Le poids monte de 61,800 à 64,900. L'auscultation révèle des râles plus discrets, perceptibles seulement après la toux.
Dix mois plus tard la malade nous écrit que cette amélioration a persisté. Elle a engraissé de 9 kilogs. Elle crache une fois le matin (octobre 1928).
(Sanatorium Mangini)
M''e P.., 30 ans, eut une pleurésie droite en 1917, une pleurésie gauche en 1925. En mai 1927, elle tousse, expectore abondamment, présente une température subfébrile. Son état général est médiocre.
Elle vient à Hauteville en présentant des signes de tuberculose ulcéro-caséeuse du lobe supérieur droit et des signes d'infiltration très discrète du sommet gauche.
Quatre mois de cure sanatoriale ne produisent aucune amélioration. Le 31 octobre 1927, on commence une série de sels d’or (1 gr. 85 de sanocrysine).
Le 16 décembre la température est régulière à 37°. L’expertoration, très diminuée, contient 3 bacilles par champ au lieu de 9, et, bien que les signes d’auscultation soient identiques, la malade garde les bénéfices de ce traitement. Onze mois plus tard (fin octobre 1928) l'état fonctionnel reste pareillement amélioré.
(Sanatorium Belligneux)
M. G.., 19 ans, eut une congestion pulmonaire en 1921. En 1923 apparurent des signes nets de tuberculose. La température devint subfébrile. La toux et l'expectoration débutèrent Le malade se soigna pendant un an à la campagne sans grand résultat.
En 1926, son état devint alarmant. Il vint à Hauteville avec des signes de tuberculose parenchymateuse ulcéreuse du lobe