‹ Le traitement des affections du cœur par l'exercice et le mouvementChapitre 2 sur 39 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

gereuses, mérite le reproche d'être insuffisant pour modifier profondément la nutrition : ses exercices très localisés et ses mouvements décomposés sont trop doux, pour les cas où les effets généraux de l'exercice peuvent être supportés et sont nécessaires.

Tous les systèmes de traitement par l'exercice dans les affections du cœur qui ont été présentés comme des innovations depuis Ling et Œrtel, ne sont en réalité que des imitations, soit du système d'Œrtel, comme le traitement de Schweninger, soit du système suédois, comme celui de Schott,

Schweninger joint à l'exercice de la marche ascensionnelle le régime alimentaire et le massage, comme Schott ajoute aux mouvements dits « de résistance » les bains chlorurés -gazeux de Nauheim. Mais l'un emprunte la réglementation de ses exercices au Bavarois Œrtel, l'autre au Suédois Ling.

C'est, en somme, tantôt à la méthode d'Œrtel, tantôt à la gymnastique suédoise, que se rallient tous les auteurs qui ont écrit sur la question de l'exercice dans les cardiopathies. Et leur conception se ramène toujours à l'un ou à l'autre de ces deux objectifs : donner de l'exercice au cœur, pour le fortifier et activer la circulation centrale, comme le veut Œrtel; ou limiter l'action du mouvement aux vaisseaux, pour activer la circulation périphérique sans exciter le cœur, ainsi que l'enseignent les Suédois.

La liste des auteurs étrangers qui ont écrit sur la question que nous traitons serait fort longue. Nous nous bornerons à citer les principaux qui sont: Zander et Wide, à Stockholm ; ŒrteJ, à Munich ; Heinemann et Schûtz, à Berlin ; Schott et Jankowski, à Nauheim ; Frey, à Baden ; Hazebrouck, à Hambourg ; Rauchenbach, à Pétersbourg ; Ôstroomoff, à Moscou ; Roth, à Budapest; Loomis, à Philadelphie; etc.

En langue française, on doit à Le Marinel, de Bruxelles, une

PRÉFACE. vie

excellente monographie ; d'autres articles ont été publiés en Belgique, par Moeller, par Buys.

En France, beaucoup d'auteurs commencent à s'occuper de la question et même des praticiens de haute valeur ont écrit sur ce sujet. Huchard, le premier, en a parlé dans son Traité des. maladies du cœur et de l'aorte, Potain y a souvent touché dans ses Cliniques; ses élèves lui ont consacré des chapitres : Vaquez, dans son Hygiène des cardiaques ; Barié, dans son Traité des maladies du cœur; Eloy, dans V Union médicale. Enfin, Merklen, dans ses remarquables Cliniques de Viiôpital Necker, est celui qui a le plus franchement abordé la question de l'exercice musculaire, dans ses rapports avec les cardiopathies.

Mais on sent, dans tous les écrits publiés chez «ous sur le traitement des affections du cœur par le mouvement, comme une sorte de retenue, de réserve : on dirait la crainte de s'aventurer sur un terrain encore inexploré. La plupart des auteurs ne font, pour ainsi dire, que des alhisions au traitement; comme s'ils voulaient montrer qu'ils n'en ignorent pas l'existence, mais qu'ils ne sont pas sûrs de le voir jamais accepté par la science officielle.

C'est qu'on ne leur a fourni, jusqu'à présent, que des documents incomplets et des théories insuffisantes. Pas plus la méthode suédoise que la méthode d'Œrtel ne peuvent représenter, soit isolément, soit même en les réunissant, un corps de doctrine complet.

En somme, bien des éléments thérapeutiques interviennent, dans la cure d'exercice appliquée aux cardiopathies, dont n'ont pas suffisamment tenu compte les auteurs de tous les systèmes aujourd'hui préconisés. L'action de l'exercice sur les centres nerveux cardio-vasculaires a notamment été passée sous silence; et, pourtant, cette action, que nous appelons la

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rééducation de Vappareil circulatoire^ tient la place la plus importante dans la physiologie du traitement.

Depuis une dizaine d'années, nous avons, nous-même, à plusieurs reprises, abordé le sujet, dans V Exercice chez les adultes, dans La Médication par fexercice, dans Les Mouvements méthodiques^. Mais nous n'en avions présenté, jusqu'à ce jour, que des ébauches incomplètes.

Aujourd'hui, une expérience plus longue et de nombreuses observations personnelles nous semblent autoriser l'entreprise d'en faire une étude nouvelle et complète. Nous voudrions tenter de mettre enfin la question à son point, en précisant aussi nettement que possible toutes les indications et, aussi, les contre-indications du traitement. — Ce serait combler une fâcheuse lacune de la thérapeutique par le mouvement.

La tâche est lourde et nous en comprenons toute la difficulté. Mais nous espérons — aussi insuffisant que doive être le résultat — que le lecteur voudra bien, du moins, nous savoir gré de l'effort.

Vichy, 15 mai 1903.

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