CHAPITRE m
Les colonies annexées aux asiles cFaliénés existent en Allemagne depuis plusieurs années. On peut citer en particulier celle d'Atscherbitz dans la province de Saxe prussienne, où deux cents malades sont traités dans des maisons isolées, au voisinage d'un asile qui en contient cent cinquante ; celle de Slup, annexée à Tasile de Prague ; celle d'EUen, annexée à Fasile de Brème. Plusieurs autres établissements désignés aussi sous le nom de colonies se rapprochent plus encore des fermes asiles, c'est-à-dire du système de Glermont (1).
(1) Pendant qu'il était dirigé par une administration privée^ Tasile de Glermont a été un bel exemple de l'économie que Ton peut réaliser par une bonne organisation du travail ; il est vrai que l'on a quelquefois eu à reprocher à cette adminislralion plus que du surmenage « It must be known to you, that the brolhers Labitle of Clermont (Oise), in France,
Parmi les colonies où les malades jouissent du système familial proprement dit, il faut signaler particulièrement celle qui a été fondée à llten, au voisinage de Hanovre, par le D'' Wahrendorff. On peut dire d'ailleurs que le patronage familial n'y est pratiqué qu'à petites doses. Les malades ne sont placés dans les familles qui veulent les recevoir, qu'au nombre de deux pour chaque maison, et ils sont soigneusement choisis après une longue observation dans l'asile. Les malades atteints de psychoses récentes sont exclus ; il en est de même de ceux qui sont dans un état tel qu'ils exigent des soins continuels, idiots, déments, paralytiques généraux, ou font redouter des dangers, soit pour eux-mêmes, soit pour leur entourage. Le pays est bien cultivé, il y a peu de pauvres, et on a soin de choisir les nourriciers dans les familles qui sont le plus à leur aise. La plupart des aliénés placés dans ces conditions ont subi une influence bienfaisante du régime familial qui leur assure
situated Iwenty miles of Paris, hâve become millionnaires in less ihan ten years by a colonization for ihe insane » (Mundy : Jour, of mental se, t. VIII, 18C2, p. 330).
une plus grande liberté et les encourage plus efficacement au travail. Le système d'ilten consiste essentiellement dans l'extension de la surveillance de rétablissement, dans lequel les malades peuvent être réintégrés à la moindre alerte, le médecin ayant toujours Fœil sur eux. Ils peuvent en outre y recevoir les soins spéciaux que réclame leur état (médicaments, bains, etc.). Ce mode de traitement est peu coûteux, l'entretien de chaque malade revenant, à llten, à 337 fr. 50 par an, sans aucuns frais d'installation ; à Ellen, cet entretien revient de 10 à 37 francs par mois suivant le cas.