MASSACHUSETS
lades dont 21 hommes et 45 femmes, 47 entretenus par l'Etat, 9 par la ville, 10 par des particuliers (1). Ces chiffres montrent qu'un certain nombre de malades placés dans les maisons privées ont dû plus tard être assistés autrement. Gomme le fait remarquer Fauteur du rapport, il était presque inévitable aux débuts d'une entreprise de ce genre que quelques erreurs fussent faites dans le choix des malades et des nourriciers. Mais, « en somme, Texpérience de ces trois années a été satisfaisante et encourageante. Le système est maintenant en voie de réforme sur certains points ; surtout dans le choix plus soigneux des maisons et des malades, dans le groupement d'un petit nombre de malades autour des centres facilement accessibles, dans la fixation des prix de pension, réglés suivant la bonne volonté et les aptitudes des malades à assister les familles dans leurs travaux. Et il y a lieu d'espérer que dans un an ou deux, on pourra définitivement décider si dans une communauté comme la nôtre le système
(1) Tenth Annual report of the stale Board of lunacy and Charily of Massachusells, 1889, p. 128.
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d'assistance des aliénés inoffensifs dans les familles n'est pas seulement un procédé économique, — ce qui, bien qu'important en soi-même, est comparativement d'un mince intérêt, — mais plus utile pour les malades eux-mêmes, et plus convenable pour favoriser le rétablissement de leur santé mentale, tout en ne produisant aucun effet nuisible sur les personnes au milieu desquelles ils sont placés. » Ici la question d'économie n'est même plus en discussion, du reste le rapport contient des chiffres qui ne sont pas moins éloquents que ceux de la « barony Parish » de Glascow.
Le rapport du docteur Stedman joint au rapport général sur le « Family System » nous montre qu'à peu d'exceptions près les malades sont convenablement assistés et contents de leur sort.
M. Stedman, entré autres remarques analogues à celles qui ont pu être faites à propos du système belge et du système écossais, notamment dans celles relatives aux inconvénients du placement des jeunes femmes dans les familles, relève le défaut d'instruction spéciale chez les gardiens qui
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doivent y suppléer par leur bon sens et leur dévouement (1). Il conseille de remettre à chaque nourricier un registre de visite contenant des instructions générales sur les soins à donner aux malades.
Je citerai encore de son rapport le passage suivant : c( Le nombre relativement considérable des malades privés paraît mettre en évidence la possibilité d'utiliser largement ce système, dans cette direction, sous le couvert de FEtat. Le manque de secours spécial et convenable pour les malades de cette classe qui sont capables de payer, mais dont les moyens sont très limités, est bien connu comme un défaut criant de notre état. Un système de famille ne répond-il pas à ce besoin en ce qui concerne les cas chroniques ? Les maisons dans lesquelles beaucoup de malades privés ont reçu asile et soins me paraissent répondre catégoriquement par Faffirmative. Si cette mesure était profitable, une légère contribution pour couvrir les
(1) M. Stedman relève que les seuls gardiens qui refusent de partager leurs repas avec les malades, étaient d'anciens infirmiers d'asile.
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frais d'inspection de ces malades, diminuerait beaucoup les frais de l'Etat sur ce chapitre. »
L'expérience, dans l'état de Massachusetts, d'un système d'assistance familiale qui n'est, en somme, qu'une application du système écossais, n'est pas moins favorable que les autres expériences récentes du régime familial faites à Lierneux et à Balfron.
On peut donc regretter que ce système d'assistance n'aitpas assez appelé l'attention des pouvoirs publics dans notre pays, où la crise industrielle et agricole paraîtle rendre particulièrementapplicable à l'époque actuelle; on ne manquerait pas de paysans disposés à augmenter leurs ressources en acceptant la surveillance de malades incurables, mais à la fois inoffensifs et utilisables. Il faut reconnaître pourtant que ce système a contre lui de ne nécessiter la création d'aucune fonction importante, car les inspecteurs ne nous manquent pas, ni la construction d'aucun édifice pouvant produire de gros bénéfices.