ALIMENTATION
Lorsque les malades sont dépourvus de dents, il faut leur faire diviser suffisamment leurs aliments avant de les introduire dans la bouche, et donner la préférence aux aliments liquides ou demiliquides. Les malades gloutons doivent être surveillés avec soin, car non seulement l'introduction de morceaux trop volumineux gêne la mastication, mais elle leur fait courir le risque de s'engouer, de faire pénétrer des substances alimentaires dans leurs voies respiratoires, et de provoquer ainsi la suffocation.
Le froid anesthésie et paralyse les nerfs de l'estomac comme les autres nerfs ; aussi les aliments froids sont-ils souvent difficilement digérés et à plus forte raison chez les aliénés dont les fonctions nerveuses sont en général en déficit. Il est donc nécessaire de veiller avec soin à ce que les aliments leur soient présentés à une température convenable.
Enfin, pour ménager la paresse de leurs organes digestifs tout en leur procurant une alimentation surabondante si nécessaire à leur organisme en faillite, il est bon de recourir à des aliments qui
se présentent sous un petit volume (1), les poudres de viande, etc.
Le sommeil est nécessaire à la réparation des forces de Thomme bien portant, mais il Test sur-' tout aux malades. Dans les maladies mentales où il est indispensable à la guérison, il est fréquemment troublé. Aussi est-il nécessaire de le favoriser par tous les moyens que fournit l'hygiène : l'exercice au grand air, la régularité des heures du coucher et du lever. Il faut leur assurer la tranquillité et le silence le plus complet, tout en laissant la chambre suffisamment éclairée pour que la surveillance soit possible.
L'ingestion d'une petite quantité d'aliments, d'un liquide légèrement stimulant, avant le coucher, favorise le sommeil. Un certain nombre de malades qui se réveillent après trois ou quatre heures de sommeil peuvent se rendormir si on leur fait prendre quelque aliment, une tasse de bouillon ou de lait; ce moyen simple peut toujours
(1) Semai, la Médecine nulrUive en psychiatrie (Bull, acad. de Médecine de Belgique, 1819, p. 32).