Ann. méd.psych., 1874, 5e série, t. XII, p
2. De Boéck, De V organisation du patronage des aliénés dans V arrondissement de Bruxelles {Bull, de la Soc. de médecine mentale de Belgique. 1896. p. 166).
3. VAfter-care association of the insane a assisté en 1889, cinquante femmes sorties guéries des asiles anglais {The journal of mental science, 1890, p. 596).
Une somme de 200 francs, prise sur le legs du baron d'André, est mise chaque année à la disposition du directeur de Bicêtre pour être distribuée aux aliénés indigents qui sortent guéris, cette distribution est faite en argent. Guislain, l'illustre aliéniste belge, a légué une rente de 1.800 francs qui est répartie parmi les hommes et les femmes qui sortent guéris des asiles de Gand, la répartition en est souvent faite sous forme d'outils ; d'assez fortes sommes sont quelquefois prêtées. A l'hospice Guislain, à Gand, il existe une Caisse d'épargne qui assure la sécurité du pécule des malades qui travaillent.
4. Donnet, Patronage ou assistance des aliénés indigents sortis guéris des asiles. (Congrès international d'assistance. t. II, p. 289. 1889.)
site de cette organisation a été reconnue par la Société internationale pour l'étude des questions d'assistance, qui a voté récemment les conclusions suivantes :
1° Les sociétés de patronage doivent s'occuper tout d'abord de procurer du travail aux aliénés sortis guéris des asiles ;
2° Des secours en argent seront accordés par les sociétés de patronage ;
3° Elles restent autant que possible en rapport avec les personnes qu'elles ont placées ;
4° Elles doivent être composées de préférence de patrons ou anciens patrons, manufacturiers, industriels et autant que possible d'un médecin aliéniste ;
5° 11 pourra être créé, dans les asiles d'aliénés, des quartiers de convalescence où séjourneront les malades guéris et mis en liberté pendant le temps limité qui leur sera nécessaire pour se procurer du travail ;
6° Des sorties d'essai et des sorties provisoires seront accordées pour permettre aux malades de pouvoir se procurer du travail1.
1. Bulletin de la Société internationale pour V étude des questions d'assistance, p. 188; 1890.
Ces conclusions ne pouvant tenir compte de toutes les observations contenues dans les deux rapports de M. Charpentier qui ont servi de base à la discussion l ou qui ont été formulées au cours de la discussion elle-même, quelquesunes cependant méritaient considération.
On peut contester l'utilité des secours en argent qui devraient être définitivement bannis de la pratique de l'assistance. Les sorties plus ou moins réglementées, même lorsque ceux qui en bénéficient sont placés dans des quartiers spéciaux de convalescents, ne sont pas sans inconvénients au point de vue de la discipline de l'asile, et leur innocuité pour des individus dont l'équilibre mental n'est pas bien établi n'est pas certaine. Mais, à part ces objections, le patronage des aliénés sortis guéris des asiles présente une autre difficulté sur laquelle M. Charpentier a insisté avec beaucoup de raison.
Si ces malheureux sont difficilement accueillis dans les ateliers, à leur sortie de l'asile, c'est en raison d'une défiance qui n'est pas sans fondement. Le convalescent d'un accès de folie ne
1. Charpentier, Sur le patronage des aliénés sortis guéris des asiles {ibid., p. 138 et 150).
LE PATRONAGE DES ALIÉNÉS GUÉRIS iH
peut pas être considéré comme dans la même situation que le convalescent de toute autre maladie, qui, tout risque de contagion étant écarté, ne peut faire courir aucun danger ; l'aliéné guéri, qui était déjà en général, un anormal avant son accès, reste souvent particulièrement excitable et sujet à des écarts de conduite ; son excitabilité, en outre du risque de rechute, n'est pas toujours exempte de danger. Ce danger, les institutions de patronage ne peuvent pas le laisser ignorer aux patrons chez lesquels ils placent leurs protégés, de sorte qu'elles rencontreront les mêmes difficultés que ces derniers livrés à eux-mêmes. Plusieurs médecins ont considéré un avertissement de cette nature comme une sorte de délation : je ne puis que répéter à ce propos que, lorsque le médecin traite d'une question d'intérêt général, son client, ce doit être le public et non ceux qui sont pour la communauté une source de dangers ; d'ailleurs, le convalescent qui acceptera le patronage aura connaissance des conditions clans lesquelles il doit s'exercer et devra s'y soumettre. Le plus de liberté possible, avec le plus de garanties possibles, tel doit être le prin-
132 l'assistance des aliénés dans les familles
cipe du patronage. Si tels assistés font courir plus de risques, il n'y a pas à se révolter s'ils sont soumis à des mesures de précautions spéciales : on peut citer un légiste qui ne serait pas effrayé de l'application de cette distinction à la répression des actes nuisibles des aliénés S Si la difficulté du placement des aliénés guéris est inévitable, elle peut être atténuée par un mode particulier d'assistance qui constituerait une garantie pour les employeurs : c'est le patronage familial, c'est l'assistance dans les familles. Le séjour dans une famille de nourriciers habitués à ce genre d'assistance constituerait une sorte de stage pendant lequel les convalescents qui n'auraient pu être placés dès leur sortie de l'asile pourraient, en quelque sorte faire leurs preuves de sociabilité. Les intéressés pourraient trouver chez les nourriciers et dans leur entourage tous les renseignements qui les édifieraient sur l'employé qu'ils vont prendre. 11 n'y a que des traités ayant pour bases la justice et la bonne foi qui puissent être à l'abri des récriminations. Dans le cas où des aliénés, sortis
1. Lord Bramwell. Insdnity and crime (the Ninetcaith Gentury, p. 893, déc. 1885.
d'un asile soi-disant guéris, sont placés clans une maison de convalescence commune à des malades sortis des hôpitaux ordinaires et patronnés sans distinction, ces bases me paraissent faire défaut. Le résultat de cette pratique peu franche est facile à prévoir. Lorsqu'un certain nombre de patrons auront reçu sans être prévenus, d'anciens aliénés qui leur auront fait courir des risques, ils refuseront indistinctement tous les individus qui se présenteront en sortant de la maison de convalescence commune.
L'utilité du patronage familial que je recommandais en 1890 pour les aliénés guéris et dépourvus a été prouvée par l'expérience à Berlin. C'est un fait que M. Sibbald signale avec raison comme digne d'attention au point de vue de l'assistance des aliénés guéris1 .
Le passage dans la colonie peut remplacer avantageusement l'asile de convalescence qui a été proposé par J. Morel2.