‹ Le Traitement des Cavités Ostéomyélitiques AnciennesChapitre 18 sur 20 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Femmé de vingt ans, est trépanée le 24 avril 1909 pour une ostéomyélite chronique de la partie moyenne et pos-

térieure du fémur gauche. A la radiographie l'os est

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énorme et renflé en fuseau sur une hauteur de 12à 15 centimètres. Il persiste une fisiule postérieure conduisant sur l'os dénudé.

11 novembre 1909. — M. Chaput fait une longue incision postérieure de 20 centimètres de longueur et met l’os à nu. Il persiste à ce niveau une cavité en forme de cupule large de 2 ceniimèires et profonde d'autant. Grattages soigneux des parois de cette cavité avec une grande gouge.

La malade éant très grasse, M. Chaput excise à la partie supérieure de la plaie un bloc graisseux mesurant le double de volume de l’évidementetTiniroduit dans la cavité osseuse. Il le fixe au moyen d’un catzut qui réunit les lèvres musculaires de la plaie.

Le greffon ne s'élimine pas, il vit et se réunit par première intention. Seule la partie inférieure de la plaie non

suturée bourgzeonne et se cicatrice en quelques semaines.

Depuis cette communication qui eût un brillant releniissement, M. Chapui est venu apporier une observation nouvelle (Bull. Soc. Ghir., 1° juin 1910). Le malade traité par lui avait une cavité du tibia mesurant 8 centimètres de long, 3 centimètres de large et 3 centimèires de profondeur; il a été guéri en quelques semaines. ;

Entre ces deux communications, M. Tuffier avait apporté à la Société de Chirurgie le 23 février 1910, une observation analogue, il avait obienu un succès aussi rapide que ceux indiqués déjà par M. Chapui.

M. Souligoux a bien voulu nous permeltre de

| *e ég en son service une observaprendre également dans son service u

lion intéressanie.

H. Vermenouze

— 54 — | Suzanne B..., âgée de dix ans, entre salle Velpeau à l’h6ôpital Tenon le 19 mai 1910.

Aucun antécédent. | |

Dans les derniers jours de novembre 1909, la malade heurte sa jambe gauche très violemment contre une borne; elle s’alite ; les douleurs sont à partir de ce moment assez vives ; au bout de deux jours, elles s’'accompagnent d’une augmentation de volume de la jambe gauche sur laquelle nous ne pouvons pas avoir de renseignements très précis; une semaine après le traumatisme, on doit opérer la malade.

3 décembre 1909. — Trépanation du tibia gauche en plusieurs points et drainage.

Puis entre Le 3 décembre et le 15 mai, on doit intervenir encore trois fois.

C’est à la suite de ces quatre interventions que la malade entre à l'hôpital Tenon. |

Cicatrice adhérente à la face interne du tibia, longue de 20 centimètres, c’est-à-dire occupant une grande partie de la longueur de la diaphyse. L’écoulement purulent est continu par cette plaie par laquelle la peau malade semble se continuer avec la surface de la cavité.

Après avoir nettoyé celle-ci par des pansements aseptiques, on intervient à nouveau le 98 juin 1910.

8 juin 1910.— M. Souligoux décolle la peau de l'os et fait une large exérèse au ciseau et au maillet, il forme ainsi une cavité occupant presque toute la diaphyse tibiale.

Par une seconde incision, il prend à la cuisse un large lambeau cutanéo-adipeux avec lequel il bourre la cavité du tibia, puis il suture la peau recouvrant le greffon à la peau de la jambe. :

Premier pansement quinze jours après l'opération; la.

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grefle paraît tenir à la cavité et se nourrir: cependant le derme et l'épiderme qui recouvrent ce greffon paraissent en voie de sphacèle, les crins qui les suturaient à la peau de la jambe n'ont pas tenu.

Deuxième pansement quinze jours plus tard. Élimination du derme et de l’épiderme du greffon, toute la cavité est | comblée de bourgeons en prolifération. ù

Un mois après l'opération, la transformation du tissu adipeux en tissu cellulo-fibreux paraît complète.

La cicatrisation complète est obtenue à la fin du deuxième mois, sauf un léger suintement en deux points très limités et

très superficiels.

Dans sa communication à la Société de Chirurgie,

M. Chaput préconise, lorsque la greffe donne nais-

sance quinze jours après à une large surface de bourgeons charnus, les greffes cutanées de Tiersch, afin d'obtenir une plus petite épidermisation. Cette pratique semble devoir raccourcir beaucoup la durée

de la cicatrisation complète. Dans les cas où la sur-

face bourgeonnante est peu étendue, l’emploi des kératoplastiques suffit largemnet. On obtiendra de beaux résultats avec le classique crayon de nitrate d'argent. Tous les kératoplastiques peuvent remplir le même rôle. C’est ainsi que nous avons vu notre ami Émile Girou à qui nous devons plusieurs de nos observations, emw”'oy er plusieurs fois dans ces cas analogues,la solution d’acide chrysophanique dans l’éther sulfurique à la dose de 1/10 ou la

teinture d’aloës. Ces remarques s'appliquent aussi

bien à l'emploi de la pâte de Beck.

cr ES

Nous ne voudrions pas conclure trop rapide-.

ment : tant de méthodes différentes ont été préconisées dans le traitement des cavités osseuses dues aux ostéomyélites, et qui ont été acclamées comme définitives ! Nous savons que la méthode de Beck et celle de Chaput ont pour elles la nouveauté, ce quiest un facteur de succès considérableen médecine comme ailleurs. Et cependant après avoir étudié les différents procédés qui ont été proposés: après avoir analysé, nous aidant pource faire des rapports de M. Broca et de M. Nové-Josserand au Congrès de Chirurgie de 1908 et de la discussion qui a suivi, nous croyons que ces deux méthodes ont en elles-mêmes des raisons de succès, nous avons ‘indiqué pourquoi nous leurs donnions la préférence. Il faut cependani ne pas être trop absolu : telle méthode ostéoplastique peut, dans certains cas déterminés, donner d’heureux résultats, mais enfin les ostéoplasties sont d’un emploi beaucoup plus limité que les deux méthodes que nous avons réservées pour la fin de ce travail ; celles-ci peuvent convenir à la presque lunanimité des malades. |

Il est bien entendu d’ailleurs que ces méthodes ne peuvent réussir que rigoureusement et minutieusement appliquées et que la cicatrisation apparente n’est pas suffisante pour autoriser dans certains cas le malade à marcher. !

On ne pourra lui donner cette permission que lorsque la radiographie aura montré que la dia-

— 57 en physe. osseuse malade le suffisamment solide : aucune règle fixe n’esi donc possible : tout dépend

“de la dimension de la cavité et de la rapidité de à | l'ostéoformation.

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