HISTORIQUE
L'introduction électrolytique des médicaments dans les tissus humains avait été entrevue dès l'invention -de la première machine électrique statique ; mais l’imperfection des procédés ne permit pas de pousser les expériences plus avant et ce ne fut qu'après la découverte de la pile électrique qui permit d'utiliser une quantilé d'électricité suffisante ‘que le transport électrolytique des médicaments entra dans une phase active.
Dès 1883, Fabre-Palaprat obtint des résultats remarquables dans le traitement du paludisme par l’introduction électrolytique de quinine et montra en même temps par ses expériences que l'absorption du médicament à travers la peau intacte était dû au passage du courant el non pas à l’imbibition des Lissus..
En 1846, Kleinke et Hassenstein tentérent de traiter les états scrofuleux par l'introduction d’iodure.
En 1889, Richardson employa l'ionisation pour prati quer l’añesthésie locale, soit à l’aide de la morphine, soit à l’aide d’un mélange anesthésique qui lui permit même de réaliser sur le chien une amputation du
nie iembre inférieur sans douleur : Consécutivement il appliqua cette méthode pour provoquer l’anesthésie au cours d'opérations de petite chirurgie : avulsions dentaires, extirpations de tumeurs cutanées.
Vers la même époque un auteur montra la possibilité de tuer un lapin en tétanos au bout de quelques minutes par l'introduction électrolytique d’une solution de sulfate de strychnine.
Enfin Erb démontra que les substances actives étaient réellement introduites dans l’organisme puisque l'analyse des urines permettait de les y déceler.
Jusqu'à cette époque l'introduction et le transport électrolytique des médicaments étaient attribués à la cataphorèse, c'est-à-dire au déplacement en masse de la substance active qui était entrainée dans le sens du courant du pôle positif vers le pôle négatif. Cette hypothèse fut d’ailleurs en contradiction avec les expériences qui prouvaient que dans certains cas et pour certaines substances déter minées le déplacement de la substance active se faisait du pôle négatif vers le pôle positif ; il y avait donc anaphorèse : fait paradoxal.
Ces hypothèses furent donc abandonnées et les auteurs modernes, reprenant les théories de Faraday sur l'électrolyse (1883) démontrèrent que l'introduction des médicaments dans l’organisme était bien due aux phénomènes de l’électrolyse.
Par ailleurs des auteurs français et italiens ayant montré que les réactions locales au niveau des électrodes étaient dues à la sortie à travers la peau des substances de l'organisme, on put donc en déduire que
jé si l’électrolyse était capable de faire passer à travers la peau certaines substances de l’organisme, elle était tout aussi capable de faire passer en sens inverse des médicaments.
Plus récemment encore les auteurs modernes reprirent les théories de Faraday et à la faveur des hypothèses récentes sur la constitution de la matière mirent au point le principe de l’ionisation : le mérite de ces travaux revient à des auteurs français Destot, Savy, Labatut, Jourdanet et Porte et surtout au Professeur Stéphane Leduc, de Nantes.
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