CHAPITRE PREMIER
Historique
Les tumeurs kystiques du mésentère, ignorées pendant très longtemps, ne furent tout d’abord que des trouvailles d’autopsie. L’une des premières observations connues est celle de BENEVIENI, anatomiste florentin qui, en 1507, découvrit, au cours de l’autopsie d’un jeune «enfant, une tumeur kystique siégeant dans le mésentère et la qualifia de « merveille anatomique ».
En 1767, LieuTaUD réunit dans un chapitre de son « Historica anatomica médica » toutes les observations qui avaient été publiées et qui étaient jusque là éparses dans la littérature médicale.
En 1803, PorTAL fit une première étude d'ensemble
Seal Tr MN,
sur les tumeurs du mésentère et les classa en tumeurs squirrheuses, stéatomateuses, cancéreuses et hydatiques. Ces dernières comprenaient non seulement les kystes hydatiques mais tous les kystes rencontrés au niveau du mésentère quelle qu’en soit leur nature. Mais après lui, on ne vit plus dans les affections du mésentère que des formes du « carreau » et les kystes du mésentère furent oubliés.
Cependant, vers 1850, avec l’avènement de la chirurgie abdominale, des kystes du mésentère furent rencontrés au cours de laparotomies faites avec un diagnostic erroné. C'était le plus souvent pour un kyste de l’ovaire que les chirurgiens croyaient intervenir. Telles sont les observations de BUCHNER, Sou- THERLAUD, WATTS, RICHET, MICHALSKI, VINIVATER.
En 1852, PANAS faisait le diagnostic d’un kyste du mésentère et le guérissait par la ponction, mais il s’agissait d’un kyste hydatique.
Avec PEAN, 1880, commence la période vraiment chirurgicale de l’étude des kystes du mésentère. Dans son traité sur « le diagnostic et le traitement des tumeurs abdominales et du petit bassin », il consacre tout un chapitre aux tumeurs kystiques du mésentère, qu’il classait en kystes séreux, kystes sanguins, kystes dermoïdes et kystes hydatiques et il en rapportait trois cas personnels, rencontrés sur trois cents
SRE à RE ET
laparotomies. La même année parurent les travaux de MiLLaRD, TILLAUX et MERKLEN.
C’est en 1884 que parut la première thèse sur ce süjet, celle de CoLLer, inspirée par TiLzaux et intitulée « Essais sur les kystes du mésentère » ; puis, en 1886, l’importante thèse d’agrégation d’AUGAGNEUR sur les tumeurs du mésentère qui résumait tous les travaux parus jusqu’à ce jour. Les années suivantes, ce furent les thèses de DELMEZ « Kystes du mésentère. 1890-1891 » ; d’AREKION « Etude sur les kystes du mésentère, 1890-1891 » ; de DEFFAINS « Etude clinique et thérapeutique sur les kystes du mésentère, 1893-1894 » ; les communications à la Société de chirurgie de TERILLON, 1890 ; de TUurFFIER, 1892 ; le mémoire de BRAQUEHAYE, 1892. Signalons encore, en 1895, dans le « Bulletin Médical », un article du professeur Gross sur le « diagnostic et le traitement des kystes du mésentère ». L
Tous ces nombreux travaux, dans lesquels au point de vue chirurgical on discutait surtout des indications de l’extirpation et de la marsupialisation, sont résumés dans l’article de QUÉNU, traité de chirurgie de Dupzay et Reczus (1898) et dans celui de ViLLAR (traité de chirurgie de LE DENTU et DELBERT 1899).
Depuis, de nombreux travaux ont continué à contribuer à l’étude de ces tumeurs. Signalons : en 1904,