juin. — Même état, La céphalée est plus intense
Ponction lombaire. — 30 centimètres cubes de liquide hypertendu, opalescent. Cytologie : polynucléaires, peu de lymphocytes. Nombreux diplocoques intracellulaires. Les cultures sur gélose-ascite restent négatives.
19 juin. — Peu d'amélioration : la malade mobilise un peu mieux la tête, mais tous les autres signes méningés
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persistent. Toutefois la température est de 38°4. Nous décidons de faire une nouvelle injection : 40 centimètres cubes dé sérum antiméningococcique.
Ponction lombaire. — 40 centimètres cubes de liquide opalescent. Cytologie : polynucléaires altérés, assez nombreux lymphocytes. On constate sur les frottis la présence de méningocoques, mais moins nombreux qu'aux examens précédents. Les ensemencements sur gélose-ascite restent stériles.
20 juin. — La céphalée est un peu moins vive, la malade souffre surtout des reins ; le Kernig, la raideur rachidienne persistent toujours aussi intenses.
21 juin. — Même état.
Ponction lombaire. — 25 centimètres cubes de liquide üpalescent. Cytologie : polynucléaires altérés prédominant, mais nombreux lymphocytes. Pas de microbes.
Cultures négatives.
Hémoculture négative.
22 juin. — L'état reste stationnaire. Les signes méningés versistent : les douleurs rachidiennes semblent plus vives. Dans la nuit, la malade a eu deux vomissements.
Nous décidons de faire une injection de sérum antiparaqméningococcique : 40 centimètres cubes intrarachidiens.
Ponction lombaire. — 40 centimètres cubes de liquide présentant les mêmes caractères que la ponction précédente.
23 juin. — Légère amélioration sur l’état de la veille. Pas de vomissements, la céphalée est moins vive. La raideur de la nuque, le Kernig ne sont pas modifiés.
24 juin. — Amélioration nette de l'état général, la malade a dormi. Température à -38 degrés. Sur la face externe de la cuisse gauche, sur le tronc prédominant à gauché, larges placards d’érythème ortié, très prurigineux.
Ponction lombaire. 30 centimètres cubes de liquide
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légèrement “pale : contenu jaunâtre. Cytologie : lymphocytose presque pure, quelques polynucléaires. Pas de microbes.
27 juin. — L'érythème a disparu. Le malade souffre à nouveau de céphalée violente, à prédominance frontale. Insomnie.
La raideur de la nuque, le signe de Kernig sont exagé-
rés. De plus, la malade ressent une grande lassitude,
Ponction lombaire. — 20 centimètres cubes de liquide hypertendu, louche comme à la première ponction, culot abondant après centrifugation. Albumise fortement augmentée. Cytoiogie : Polynucléose pure. Diplocoques intracellulaires, ne prenant pas le Gram. Cultures négatives.
28 juin. — L'état s’est nettement aggravé ; la température est à 39°8, le pouls à 118, mais bien frappé, sans arythmie. La malade a été tenue éveillée presque toute la nuit pas une céphalée intense. La raideur de la nuque, la contracture abdominale, la raideur rachidienne et le Kernig sont aussi intenses qu'au premier jour ; réflexes rotulien et achilléen exagérés : pas de signe de Babinski. Aucun symptôme oculaire, réflexes normaux. Intelligence intacte. La malade présente une dyspnée du type Scheyne- Stockes des plus nettes. Re Ponction lombaire. — Liquide hypertendu, très louche ; après centrifugation, culot abondant jaune. Albumine fortement augmentée.
Cytologie. — Polynucléaires altérés, sans lymphocytes. Dans les cellules, des diplocoques en grains de café, Gram négatif, peu nombreux. Les ensemencements du pus sont ultérieurement restés stériles.
Le germe ayant été identifié au paraméningocoque, nous décidons de faire une nouvelle injection de 40 centimètres cubes de sérum antiparaméningococcique intrarachidien. Par mesure de précaution, il est procédé une demi-heure
avant cette injection, à la vaccination anaphylactique par voie intraveineuse, suivant la technique de Besredka. L'in- Jection intrarachidienne n'a provoqué absolument aucun trouble immédiat.
29 juin. — La malade est très améliorée ; la céphalée a diminué dans la soirée ; la nuit a été bonne. La rachialgie persiste, la céphalée a complètement disparu ; la respiration est régulière, non accélérée. La raideur de la nuque est peu modifiée. Température, 37°7.
Ponction lombaire. — 40 centimètres cubes de liquide hypertendu, à peine trouble, de coloration jaune, Après centrifugation, petit culot purulent.
Cytologie. — Polynucléaires, quelques lymphocytes. Pas de microbes. Culture sur gélose-ascite négative.
Après vaccination antianaphylactique, par voie souscutanée cette, fois, nous injectons à nouveau dans la cavité sous-arachnoïdienne après évacuation du liquide céphalo-rachidien, 40 centimètres cubes de sérum antiparaméningococcique. Aucun incident immédiat.
30 juin. — Amélioration considérable : la température est à 36°7 ; la maiade se sent guérie ; la céphalée a complètement disparu. La raideur de la nuque, le Kernig persistent, mais atténués.
1% juillet. — Amélioration persistante.
Ponction lombaire. — Liquide hypertendu, assez clair, de coloration jaune. Après centrifugation, tout petit culot jaunâtre.
Cytologie. — Polynucléaires prédominants, mais assez nombreux lymphocytes (30 p. 100 environ). Pas de méningocoques.
2 juillet. — Amélioration persistante ; la malade a faim, elle s’alimente depuis la veille. La constipation a cessé. La raideur de là nuque est moindre ; les mouvements l£gers de flexion sont possibles sans douleur ; le Kernig
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persiste, mai bien moins accentué. Réflexes vifs, pas de troubles sensitifs.
6 juillet. — L'état de la malade s’est considérablement amélioré ; persistent seuls un peu de raideur à la nuque et le signe de Kernig léger
Ponction lombaire. — Liquide à peine hypertendu, coule en gouttes rapides (10 centimètres, cubes) ; absolument clair, eau de roche ; pas de culot visible après centrifugation. L’albumine est légèrement augmentée. La réduction de la liqueur de Fehling est nette.
Cytologie. — Lymphocytose pure (trente à quarante éléments par champ microscopique). Pas de microbes.
NOTE BACTÉRIOLOGIQUE REMISE PAR M. DOPTER
Fermentations sucrées. — Le germe dont la culture m'a été confiée présente les mêmes réactions sucrées que le méningocoque : sans action sur la lévulose, il fait fermenter glucose et maltose.
Recherches d'agglutination. — 1° Le germe est agglutiné très fortement à 1 p. 100 par le sérum antiparaméningococcique. L’agglutination est nulle avec le sérum antiméningococcique.
2° Le sérum de la malade n’agglutine ni-le méningo-
coque, ni les divers échantillons de paraméningocoques conservés au laboratoire, ni le germe qui l’a infecté. . Réaction de fixation. — Le sérum de la malade (6 juillet) est mis en présence d’une émulsion de méningocoque de paraméningocoque et de son germe infectant. La réaction de fixation est négative avec le méningocoque, positive avec le paraméningocoque et son propre germe.
Conclusion. — Le microbe étudié est bien un paraméningocoque.
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En résumé, la malade dont nous rapportons l'histoire à été prise brusquement, sept jours avant son entrée dans le service de céphalée, de crampes dans les membres inférieurs, de constipation et de fièvre, Quand nous la voyons pour la première fois, le diagnostic clinique de méningité aiguë s'impose : la céphalalgie, la constipation des contractures intenses, raideur rachidienne, raideur de la nuque, signe de Kernig, la température élevée à 40 degrés, l'herpès, en sont les principaux symptômes ; par contre, l'intelligence est intacte, il n'existe aucun phénomène cérébral autre que la céphalalgie. En l'absence de toute cause éviderte, traumatisme ou otite, en raison aussi de la brusquerie du début, c'est à la méningite cérébro-spinale que nous pensons. Une ponction lombaire confirme ce diagnostic : le liquide retiré est trouble, hypertendu, riche en albumine ; les éléments cytologiques sont exclusivement représentés par des polynucléaires altéris. Enfin, on trouve sur les frottis des diplocoques en grains de café, né prenant pas le Gram, toujours intracellulaire:, peu nombreux, ayant en un mot tous les caractères des ménin- £gocoques.
Nous faisons immédiatement une injection intrarachidienne de 40 centimètres cubes de sérum antiméningococcique. ;
Contrairement à notre attente, l’état général et les réactions méningées ne s’amendent pas ; aussi pratiquonsnous à nouveau à deux jours d'intervalle, deux nouvelles injections de 30 et 40 Centimètres cubes de sérum antiméningococcique.
Ces deux nouvelles injections restent également sans effet : la température oscille toujours autour de 38 degrés ; la céphalée est un peu moins vive, mais la rachialgie, là räideur dé la nuque, le Kernig sont aussi intenses ; le liquide céphalo-rachidien, moins trouble, contient des:
Pt polynucléaires, quelques: Iymphocytes ; les méningocoques paraissent plus rares.
Devant l'évidente efficacité de la sérothérapie antiméningococcique, faite pourtant à doses élevées, dans une forme de gravité moyenne, nous envisageons l'hypothèse d'une méningite à paraméningocoques, et nous demandcns à M. Dopter l'identification exacte du microbe isolé.
Avant même d’avoir reçu sa réponse, nous pratiquons, le 22 juin, une première injection intrarachidienne de 40 centimètres cubes de sérum paraméningococcique. L'amélioration est surtout sensible le surlendemain : la ponction lombaire ramène un liquide à peine opalescent, contenant de nombreux lymphocytes et quelques polynucléaires. Les méningocoques cette fois ont disparu.
Il s'agissait bièn de paraméningocoques, comme nous l'apprend M. Dopter, qui n’a pas constaté d’agglutination dé ces germes par le sérum antiméningococcique.
Le 27 juin, l'état s'aggrave à nouveau : la céphalée, la ‘rachialgie, le Kernig s’exagèrent. Le lendemain, outre ces symptômes, on note de la dyspnée du type Scheyne- Stockes ; la température s'élève à 39°8. Le liquide céphalorachidien est louche, le culot exclusivement formé de polynucléaires altérés, les ménihgocoques sont aussi nom- Breux qu'au premier examen.
Nous pratiquons, le 28 et le 29, deux nouvelles injections de 40 centimètres cubes de sérum paraméningococcique.
L'action du sérum sur cette rechute est immédiate et complète. La température tombe en moins de quarantehuit heures à 36°7 ; l’état général se relève immédiatement, la céphalée disparaît, l'appétit renaît. La raideur de la nuque, le signe de Kernig s’effacent, mais plus lenteinent. Les caractères du liquide céphalo-rachidien se modifient eux aussi rapidement : les méningocoques ont