LA NÉVRALGIE DU FÉMORO-CUTANÉ. 6S
marche, surtout de la marche à petits pas ou de la station debout; elle disparaît ou s’atténue par le repos assis ou le décubitus horizontal ; le membre étant en flexion cesse alors, en effet, toute tension sur le nerf fémoro-cutané. Elle s’accompagne en outre d’un engourdissement spécial, parfois même d’une véritable anesthésie dans le territoire innervé par le nerf, c’est-à-dire à la partie antéro -externe de la cuisse. Le diagnostic, les caractères de cette névralgie spéciale, souvent décrite sous le nom de méralgie paresthésique une fois connus, est donc bien facile. Un certain nombre de cas, désignés autrefois sous le nom de claudication intermittente, rentrent dans cette névralgie.
La syphilis, l’alcoolisme, l’arthritisme jouent un rôle important dans l’étiologie. Les traumatismes, le refroidissement, les frottements répétés (panier porté sur la hanche), les compressions (utérus gravide dans un cas de Dalché, fibrome dans un cas de Claisse) interviennent souvent comme causes locales. Dans quelques cas, il a suffi de supprimer une ceinture de pantalon, un corset trop serré pour faire cesser la névralgie.
Le traitement général peut donner des succès, surtout le traitement antisyphilitique. Le traitement antiarthritique est aussi important. Chez un malade du D'' Florand très obèse, la névralgie disparaissait quand on traitait et diminuait l’obésité. Elle reparaissait en même temps qu’elle. Les moyens locaux (frictions, hydrothérapie, chlorure de méthyle, électricité) réussissent souvent, mais sont d’ordre assez banal.
Ce qu’il faut connaître dans les cas tenaces, dans une aflection très douloureuse rendant la marche et le travail impossibles, amenant chez les malades le découragement le plus profond, c’est la bénignité et l’efficacité du traitement chirurgical. Le fémoro-cutané étant purement sensitif, sa résection n’offre aucun inconvénient. C’est une opération très simple, très facile, au niveau de l’épine iliaque antérieure et supérieure. Trois interven- MCQüE. — Névralgies et névrites. 5
tiens pratiquées par GliipauU (1) et par Mauclaire ont donné trois succès. Mais, fait curieux, la guérison n’est pas immédiate. Chez les trois malades, l’intervention a été suivie d’une guérison apparente et passagère, puis d’une rechute, enfin, vers la fin du deuxième mois, de la guérison définitive.