I.— Méthode de Vigouroux
L'emploi du courant faradique de quantité, est seulement nécessaire ici, c’est-à-dire que la méthode
est simple et à la portée de tous les praticiens même
non spécialisés. On peut diviser en plusieurs temps les applications nécessaires.
1° Faradisation des globes oculaires ;
0 Faradisation du ganglion cervical du sympathique (de chaque côté) ;
3° Faradisation du goitre ;
4° Faradisation précordiale.
La technique à suivre pour chaque application est la suivante :
1° Faradisation des globes oculaires. — On place daus le dos du malade une large électrode spon-
gieuse bien imbibée d’eau tiède et on la relié au positif de la bobine à gros fil.
On relie le pôle négatif à une petite électrodetampon de 1 em. 5 de diamètre que l’on applique
sur le point moteur de l’orbiculaire des paupières.
L'intensité du courant doit être suffisante pour provoquer des contractions du muscle orbiculaire.
Après une à deux minutes d'application, on promène l’électrode sur l’œil fermé au niveau de la paupière supérieure, de dehors en dedans.
On faradise ensuite la branche supérieure du facial
‘en évilant soigneusement les points suivants dont l'excitation pourrait exagérer l’exophtalmie :
a) Le nerf sus-orbitraire.
b) Un point situé à 1 centimètre environ en dehors et au-dessous de la queue du sourcil. Ce point, d’après Vigouroux, provoque, lorsqu'on le faradise
chez les malades atteints d’exophtalmie, la propulsion
en auant du globe oculaire, par excitation du grand
oblique probablement. Celte deuxième partie de
l’électrisation oculaire dure environ une minute. 2° Faradisation du sympathique. — Après avoir
traité successivement l'œil gauche, puis l'œil droit,
on passe à la faradisation du ganglion cervical du
sympathique.
L'électrode est placée successivement de chaque côté sur le point où on peut l’atteindre le plus facilenent c’est-à-dire à un centimètre au-dessus du bord: inférieur du maxillaire, entre l’os hyoïde et le bord antérieur du muscle stérno-mastoïdien.
La main qui tient l’électrode doit percevoir nellement les battements carotidiens. Il est souvent nécessaire, pour mettre l’électrode en bonne position, de faire relâcher les muscles de la région latérale du cou, en priant le patient d’inciiner la tête du côté (opposé) électrisé et de soulever un peu le menton.
L'application dure de une à deux minutes pour chaque côté, L’intensité du courant doit être suffi sante pour provoquer uve contraction du muscle peaucier.
Les intermittences données par le trembleur de la bobine seront rapides.
50 Faradisation du goitre. — On remplace la petite électrode tampon par une électrode plus large de 4 à 5 centimètres de diamètre ou par une électrode rectangulaire de 20 à 25 centimètres carrés que l'or applique sur la tumeur thyroïdienne au-dessus de la fourchette stermale dans l’angle des deux chefs du sterno-mastoiïdien.
4e Faradisation précordiale. — On termine l’application en plaçant une électrode de 20 centimètres carrés de surface, ronde ou rectangulaire, à deux travers de doigt du stermum au niveau du troisième espace intercostal gauche. |
Quelques auteurs préfèrent appliquer l’électrode au niveau de la région où l’on sent battre la pointe du cœur. | |
Dans l’un comme dans l’autre cas le courant doit être suffisant pour faire contracter légèrement les muscles pectoraux. L’électrode doit être reliée au
en 2
dd — y —
Pôle positif de la bobine; il faut donc inverser le courant employé dans les trois premières applications.
Il, — Galvanisation du goitre.
La méthode de Vigouroux que nous venons d’exposer en détail, a été modifiée ces dernières années de la façon suivante :
On conserve de la méthode primitive la faradisation des globes oculaires, du ganglion cervical sympathique de la région précordiale, mais on remplace la faradisation du goitre par la galvanisation thyroïdienne.
Pour réussir, il ne faut pas se contenter de faibles intensités qui ne sauraient en rien modifier le fonctionnement défectueux du corps thyroïde. Il est nécessaire d’aller jusqu’à 30 ou 40 milliampères que l’on débite de façon graduelle.
Direction du traitement
Ces applications sont faites tous les jours (cas
graves) ou tous les deux jours (cas légers) et il faut
compter sur trois mois en moyenne de ‘traitement.
Le traitement ne sera pas poursuivi sans interruption. Après une douzaine de séances, on le suspend pour quatre semaines. On fait une série de douze séances suivies d’une suspension de quatre à six mois. À cemoment pour confirmer la guérison, on termine par une quinzaine d'applications.
Avant de citer des observations qui montreront de façon indubitable l'efficacité du traitement électrothérapique, il est bon de dire un mot de ia recherche du métabolisme basal, méthode d'examen qui permet de prouver que l’action du courant est bien réelle.
En Amérique, Meaus et Aub, puis Holmes et Boothby, ont montré que le métabolisme basal, qui est irès augmenté dans la maladie de Zosedow, s’abaisse sous l'influence du traitement abitrique, pour revenir à la normele dans les cas suivis de guérison.
Ainsi le métabolisme basal permet de suivre l'influence du traitement et le retour progressif des échanges respiratoires à la normale est un bon moyen de juger l'amélioration d’un malade de Basedow.
Il y a donc concordance en général entre les conclusions tirées de l'observation clinique et du métabolisme ; en même temps que les symptômes s’améliorent, le métabolisme s’abaisse ; et dans les cas où l'amélioration thérapeutique ne se produit pas, le métabolisme reste élevé, parfois même la maladie de Graves s’aggrave progressivement ou bien subit une nouvelle poussée évolutive.
On est donc averti par le métabolisme avec précision, de la tournure, heureuse ou malheureuse, que prend la maladie, S'il est des cas où cette précision n’est pas indispensable, ilen est par contre où il est nécessaire parce que certains symptômes, comme
ER
l'agitation, les crises de palpitations, les poussées de sueur, les bouffées de chaleur s'échappent à notre appréciation, que ces symptômes sont souvent bien loin d’être en rapport avec la gravité de la maladie et qu’enfin ils ne sont pas uniquement l’agravage de cette affection.
H n’y a pas de meilleur «test » de la gravité d'une maladie de Graves que la mesure du métabolisme basal, de même il n’y a pas de meilleur moyen pour juger l’action thérapeutique.
Nous cessons d’habitude le traitement quand le métabolisme basal est aux environs de + 10,
Dans le Bulletin d’Electrothérapie et de Radiologie de (J. O.) décembre 1924, le D' Delherm rapporte les observations de 15 malades, basedowiens, traités par la galvano:faradisation et chez lesquels le métabolisme basal a été recherché.
Voici ces observations et les conclusions qu'il en tire.
Obs. I. — D...,m. b. + 51 0/0 après 48 séances — ro.
Obs. IT. — H .., m.b. + 34 o/o après 5 séances + 8,5 0/0.
Obs. III. — S...,m. b. + 52 o/o après 45 séances + 12 0/0.
Obs. IV. — D...,m. b. + 67 o/o après 30 séances + 21 0/0.
Obs. V. —P...,m. b. + 18,90/0 après 14 séances + 2 0/0.
Obs. VI. — I...,m. b. + 46 o/o après 13 séances + 8 0/0.
"60 < Obs. VII. —H...,+ m. b. + 32 o/o après 9 séances + 7 0/0.
Obs. VIII, — K..., m. b. + 63,5 0/0 après 12 séances + 9 0/0.
Obs. IX. — L...,m.b. + 15 oo après 22 séances + 0,27 0/0.
Obs. X.— D...,m.b. + 22 o/o après 45 séances + 80/0.
Obs. IX.— X..., m.b. + 38 après 5 séances + 70/0.
Obs. XII. — H...,m. b. + 59 o/o après 12 séances d’électrothérapie, le m. b. est à + 69 0/0. On tait 18 séances de radiothérapie et le métabolisme est à + 81 0/0.
Obs. XIII. — Ch..., m. b. + 4go/o; après 47 séances d’électrothérapie, le m. b. est à + 61 0/0. On fait abus au malade des rayons X et le métabolisme revient à + 18 0/0.
Obs. XIV. —O..., m.b. + 17,07 0/0, après 25 séances, m. b. + 24 0/0. r . Obs. XV.— D..., m. b. + 11 0/0, après 18 séances m. b.
+ 12 0/0, après 5 séances de radiothérapie m. b. — 5 o/o.
En résumé, 15 malades ont été traités ; r1 ont eu leur métabolisme très diminué et ont parallèlement été améliorés ou guéris.
Quatre malades n’ont pas bénéficié du traitement ; leur métabolisme ne s’est pas modifié.
PA