‹ Le traitement orthopédique du mal de PottChapitre 61 sur 96 · Le Journal du 14 mars 1912, septième page · texte numérisé non relu

Le Journal du 14 mars 1912, septième page

H. Lelièvre

Si l’on ne doit donc pas chercher à supprimer ou à diminuer autant que cela est possible les attitudes vicieuses, brusquement, au moment de l'application du premier appareil plâtré, rien n'empêche au contraire de procéder par étapes à cette correction.

Par un premier appareil on fixe ce qui est gagné par l'extension. Puis au bout de quelque temps on enlève ce premier appareil et on le remplace par un second qui maintient ce que l’extension a de nouveau gagné et ainsi de suite. On corrige dans la mesure où cela est possible les positions vicieuses pottiques en luttant par étapes contre la contracture musculaire au moyen d'appareils plâtrés répétés. Mais la confection de ces appareils devant être faite fréquemment (tous les mois ou tous les deux mois au moins) présente quelquefois certains inconvénients, aussi peut-on, à la rigueur se servir de moyens simples qui permettent de lutter contre les attitudes vicieuses en modifiant la direction primitive du segment rachidien auquel appartient le foyer pathologique sans changer l'appareil plâtré. Voyons ce que l’on peut faire dans cet ordre d'idées, pour le torticolis d'origine pottique ou dans toutes les gibbosités pottiques.

A. — Correction du torticolis. — Il est excessivement rare de voir le torticolis d’origine pottique disparaître par l'extension en suspension au moyen de l'application du premier appareil plàtré. Généralement il faut une série de minerves pour arriver à la correction voulue.

Mais on peut facilement dans certains cas éviter de refaire souvent l’appareil plâtré et avec un seul plâtre ou deux arriver à la correction du torticolis en interposant entre la paroi latérale de la partie supérieure de la minerve remontant jusqu'au niveau de l'oreille du côté infléchi et la région cranienne correspondante des tampons aplatis d’ouate ou de compresses (ou encore des ballons de caoutchouc gonflés d'air) pour « latéro-pulser », du côté opposé à la flexion, la tête et par conséquent le rachis cervical.

Progressivement, l’épaisseur des tampons sera augmentée jusqu'à ce que le rachis cervical soit en rectitude, on aura seulement soin de ne pas augmenter trop souvent l'épaisseur de ces tampons pour mobiliser le moins possible le rachis malade.

B. — Correction des gibbosités. —M. Calot a fait grand bruit ces

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dernières années autour de ce qu’il nomme « un traitement nouveau » des gibbosités.

Il considère les « déviations du dos comme les déviations de la hanche » ou « du genou » qu'on peut réduire « à la manière forte ou à la manière douce » (1). Peu importe, d’ailleurs,que les segments rachidiens perdent contact au niveau du foyer tuberculeux !.….

M. Calot, en effet, pense que « la nature possède pour réparer le vide ainsi produit sur la partie antérieure du rachis des ressources plus considérables que nous ne le soupçounons » (2). «On peut supposer qu'une fois le redressement fait entre les corps vertébraux se produisent des masses granuleuses formant un tissu cicatriciel, calleux, fibreux, qui d'autres fois est ossifié par le périoste intact, et l'on peut penser que cette ossilication est excitée par l'irritation inflammatoire (3). »

Mais, actuellement, M. Calot préfère« la manière douce» à « la manière forte ». Dans « la manière forte » «le malade était endormi, puis retourné sur le ventre, et tandis qu'un aide tirait sur la tête un autre sur les pieds, le chirurgien pressait sur la gibbosité ; et après quelques minutes celle-ci s’effaçait presque complètement comme une déviation du genou; aussitôt le rachis était saisi dans un grand plâtre » (4).

Dans « la manière douce » M. Calot se contente comme « pression faite sur la gibbosité » de « la pression qu'on peut réaliser à travers la fenêtre dorsale de l'appareil de contention avec des pièces d'ouate fortement pressées et plaquées par des bandes mouillées » (5). C’est ce quil appelle la compression ouatée. Qu'est exactement cette compression ? Il est juste de remarquer qu'au sens exact du mot compression ne signilie rien ici. Un objet est comprimé quand ilest saisi entre deux plans résistants qui le serrent. Or, il est absurde de prétendre qu'on peut comprimer la colonne vertébrale d’une façon quelconque puisqu'on ne peut

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