‹ Le traitement orthopédique du mal de PottChapitre 63 sur 96 · Ibid · texte numérisé non relu

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appliquer de plan résistant sur sa face antérieure. D'ailleurs, cela ne répondrait à rien. Or, tout ce qu’on peut faire en interposant un tampon d’ouate entre la face postérieure du rachis et le plan résistant d’un appareil plâtré, c'est propulser, c'est-àdire repousser en avant le segment vertébral sur lequel on agit; autrement dit c'est tendre à lordoser ce segment. Dans ce sens, la propulsion (Calvé) répond donc aux conditions du traitement orthopédique que nous avons exposées.

Le tampon d’ouate représente simplement une cale rio ne dans le corset plâtré. IL ne faut pas en attendre autre chose ; et en temps qu’il peut servir à lordoser lentement et progressivement le segment rachidien auquel appartient la région malade il rentre dans notre méthode générale. Mais on ne doit pas employer ce procédé pour redresser le rachis d’une façon brutale et antirationnelle en cherchant à agir seulement sur la portion rachidienne malade, et à faire perdre tout contact aux segments rachidiens au niveau du foyer tuberculeux. On ne doil s'en servir que d’une façon méthodique d’après les règles générales du traitement orthopédique du mal de Pott que nous avons données.

Indications de la propulsion. — Il est absolument inutile de chercher à propulser un segment rachidien pottique qui ne présente pas de gibbosité. Un corset plâtré bien appliqué suffit à la contention. Quand il y a gibbosité, que la gibbosité est relativement récente (c'est-à-dire quand elle est due à un mal de Pott en activité) il peut être utile de propulser le segment rachidien auquel appartient la région malade dans le corset plâtré, au moyen de tampons d’ouate, surtout si la gibbosité est angulaire. Dans ce cas, en effet, on est obligé de pratiquer une fenêtre postérieure dans le plâtre au niveau de la gibbosité pour éviter les eschares. L’interposition d’ouate ou de compresses entre cette gibbosité et les bords de la fenêtre sert à la contention du rachis et calant la gibbosité l'empêche de faire hernie à travers la fenêtre.

Mode d'application. — On peut propulser le rachis dans l'appareil plâtré au moyen de {ampons d'ouale, de compresses ou de ballonnets de caoutchouc gonflés d'air et recouverts de peau de chamois (Lamy) pour éviter les eschares.

Mais cette propulsion ne doit être pratiquée que dans un appa-

reil plâtré rigoureusement bien fait et bien modelé pour que l'application exacte du plâtre sur les saillies osseuses ne donne pas lieu à des eschares.

De plus cette propulsion doit être pratiquée rarement pour éviter de mobiliser le rachis. Il suffit largement de le faire tous les mois à moins qu'une complication quelconque, comme eschares, abcès, n'oblige à examiner la région rachidienne.

La propulsion ne doit pas être brutale ; elle ne doit lordoser le rachis que lentement et progressivement, pour corriger les attitudes vicieuses seulement dans la mesure où cela est possible, sans chercher par exemple un redressement du rachis antirationnel, sans chercher à faire perdre tout contact aux segments rachidiens, au niveau du centre de destruction tuberculeuse. |

Enfin l'épaisseur des carrés d’ouate superposés formant le tampon ne doit pas être considérable. Il n’est pas bon, en effet, que le dos du malade soit très éloigné de l'appareil plâtré. Il faut, dès que la distance entre le plâtre et la région postérieure du segment rachidien propulsé est assez marquée, refaire un nouvel appareil plâtré plus exact.

Technique. — La technique de la propulsion rachidienne est simple. Après avoir fait une fenêtre au niveau de la gibbosité et nettoyé aseptiquement la peau de la région, on la saupoudre largement de poudre de dermatol (ne pas mettre de vaseline qui ramollit la peau et favorise les eschares) et après avoir mis une compresse aseptique on glisse entre la peau et les bords de la fenêtre des carrés d’ouate ou des compresses pliées en plusieurs doubles plus larges que la fenêtre jusqu’à ce qu’on ne puisse plus en mettre sans faire de violence. Il est bon que ces carrés soient larges pour soutenir le dos écarté de l'appareil plâtré sur la plus grande surface possible. Par-dessus on peut encore placer un tampon d’ouate de la largeur de la fenêtre que l’on fixe au moyen d’une bande de tarlatane, très amidonnée et collante, roulée autour du corset.

Anconvénients de la propulsion. — Nous avons vu quels seraient les inconvénients d’une propulsion brutale; une propulsion douce n’est pas toujours non plus sans ennuis; elle provoque assez souvent des eschares au niveau de la gibbosité surtout lorsque celle-ci est angulaire ; car elle applique, en effet, la peau assez

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fortement sur les apophyses épineuses. La propulsion à l’aide d’un ballon de caoutchouc aurait moins cet inconvénient.

De plus, il n’est pas rare de voir des corps étrangers se glisser, chez les enfants, entre la peau et les tampons d’ouate (petites croûtes de pain, pépins de fruits, etc.) ce qui a pour résultat l'apparition d’eschares.

Un autre inconvénient de la propulsion serait de mobiliser le rachis malade. Aussi faut-il éviter absolument d’enlever fréquemment les tampons d’ouate pour en remettre d’autres comme le font les propagandistes de la « compression »,les mouvements de va-et-vient du rachis qui en sont le résultat étant, on le sait, très défavorables à la cicatrisation.

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