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DANS LE CAS DE DIPHTÉRIE GROUPALE

R&PPEL DE LA RESPIRATION ET DE LA VIE PAR LES TRACTIONS RYTHMÉES DE LA LANGUE

Obs. XIX. — « Le 23 septembre dernier (1), j'opérais à Château-Thierry, avec la précieuse assistance du docteur Cardot, qui m'avait appelé, une vigoureuse fillette de six ans, atteinte de croup. J'employais le procédé en un temps de de Saint-Germain .

L'incision et la pose de la canule avaient été faites en moins de temps qu'il n'en faut pour récrire, et j'avais entrebâillé la porte pour annoncer à la famille l'heureuse issue de l'opération, tout en priant qu'on n'entrât pas avant que la toilette de l'enfant fût faite. Ces pourparlers avaient duré moins d'une demi-minute.

En revenant à mon opérée que mon confrère

(1) C'est encore un fait qui a précédé ceux de l'hôpital Trousseau, lesquels se sont produits le 7 novembre.

nettoyait et maintenait assise, je la vois tout à coup laisser tomber sa tête sur son épaule et pâlir; les pupilles se dilatent, les mâchoires sont flasques, ainsi que les membres ; c'est la syncope, c'est la mort (du moins nous le croyons tous). Et dans la chambre voisine les parents se réjouissent! Tableau !

J'enlève la canule, j'introduis dans la trachée le dilatateur Laborde (à trois branches) que je fais maintenir tout grand ouvert par un aide, je flagelle la région précordiale, je pratique la respiration artificielle : rien, pas un mouvement.

Alors je pense au procédé de la langue. Je saisis cet organe avec une pince à griffes, et, craignant que la première manifestation du retour de la vie ne soit une convulsion, je prie le docteur Cardot de maintenir les dents écartées avec le manche d'une cuiller, pour éviter qu'elles ne coupent la langue pendant le spasme.

En effet, au bout de cinq ou six tractions (comme dans les cas du docteur Moizard), il se produit une inspiration, puis la face se recolore ; elle rougit d'abord^ puis noircit et l'enfant se raidit : c'est la convulsion prévue. Le confrère tient bon sa cuiller, je continue les tractions, et l'enfant rend, par l'incision trachéale, une énorme fausse membrane, qui avait été la cause de tout le mal.

Cinq minutes après, la canule est remise et tout est rentré dans l'ordre.

Je dois à la vérité de dire que l'enfant mourut quand même, mais seulement trente-six heures après, par les progrès de la diphtérie.

Grâce au procédé de la langue, le résultat opératoire avait été sauvé, ainsi que l'honneur de l'intervention professionnelle ! »

La puissance d'action du procédé des tractions rythmées de la langue, avec sa supériorité sur celle de tous les autres procédés qui ont échoué quand il réussit, et devient la suprême et la plus sûre ressource, est donc bien démontrée dans l'asphyxie et la mort apparente à la suite de la trachéotomie pour cause de croup, et il est probable, il est même certain que la méthode ayant maintenant pénétré dans nos services hospitaliers, elle y sera employée, les cas échéants, avec les résultats efficaces qu'elle promet.

Mais il y a plus, nous estimons qu'à une certaine période de l'asphyxie croupale elle-même, et avant l'intervention de la trachéotomie, les tractions linguales pourraient être essayées, avec d'autant plus d'espoir et d'avantages qu'elles provoquent, en même temps, et facilitent particulièrement l'expulsion des fausses membranes, ainsi que l'ont montré les faits précédents de l'hôpital Trousseau.

Nous signalons à nos confrères des hôpitaux d'enfants cette application, d'ailleurs de toute simplicité et sans inconvénient possible.

Notre prévision à l'égard de l'emploi du procédé de la langue dans l'asphyxie diphtéritique trouve un légitime appui dans l'application si heureuse qui en a été faite, dans un cas extrême d'asphyxie par bronchite capillaire (catarrhe suffocant], par un

honorable confrère de Montauban, M. le docteur BORIEZ, ancien médecin-major, qui a bien voulu nous le communiquer, dans les termes suivants :

ObS.XX. — ASPHYXIE ET MORT APPARENTE A la suite de Bronchite capillaire (suffocante)

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