‹ Le traitement physiologique de la mortChapitre 38 sur 54 · II. — TECHNIQUE DU PROCÉDÉ · texte numérisé non relu

II. — TECHNIQUE DU PROCÉDÉ

DES TRACTIONS RYTHMÉES DE LÀ LANGUE

(Voir les planches p. 19 et 109.)

Saisir solidement le corps de la langue (tiers antérieur) entre le pouce et l'index, avec un linge quelconque^ ou le mouchoir qu'on a dans sa poche, ou même avec les doigts nus, et exercer sur elle, de quinze à vingt fois par minute, de fortes tractions réitérées, successives, rythmées, suivies de relâchement, en imitant les mouvements rythmés de la respiration elle-même.

Pendant les tractions, il importe de sentir que l'on tire bien sur la racine de la langue qui s'y prête, par son élasticité et sa passivité, surtout dans le cas de la mort apparente.

Lorsqu'on commence à sentir une certaine résistance, c'est que la fonction respiratoire se rétablit, et que la vie revient : il se fait alors, habituellement, un ou plusieurs mouvements de déglutition, bientôt suivis d'une inspiration bruyante, que j'appelle le hoquet inspirateur^ premier signe de la remvescence.

Si, au moment de saisir la langue, les mâchoires sont encore contractées et les dents serrées, les

écarter, en forçant, avec les doigts si c'est possible, ou avec un corps résistant quelconque, morceau de bois, manche de couteau, bouchon, dos de cuiller ou de fourchette , extrémité d'une canne, etc., etc. (Voir la planche p. 19.)

S'il s'agit d'un noyé, en prenant la langue et tout au début des tractions, il est utile d'introduire l'index, de l'autre main, au fond de l'arrièregorge, de façon à aider à la provocation du vomissement, afin de déû^ager, autant que possible, l'estomac de l'eau ou des aliments qui l'encombrent.

On peut se servir, pour saisir la langue et tirer sur elle, d'une pince appropriée : pince linguale, en usage dans la chloroformisation, caoutchoutée ou mieux à pointes; pince de trousse, à pansement ou à polype, pince hémostatique, etc.

Dans l'asphyxie du nouveau-né, la pince à pansement et la pince hémostatique (pince de Péan) ont été surtout, jusqu'à présent, mises en usage.

M. le docteur Budin a fait disposer, chez Mathieu, une pince spéciale à cet effet, nous en donnons ici un dessin.

Mais il ne faut pas oublier que l'on peut sejpasser de tout instrument, et se servir uniquement

de ses doigts: c'est ce qui donne au procédé toute sa valeur pratique, et qui le met à la portée de tous.

Il est d'une importance capitale de continuer les tractions, avec persistance, sans se lasser et se décourager, durant un temps assez long, le résultat pouvant encore être obtenu après une demiheure, une heure et plus, de l'emploi ininterrompu du procédé; l'on peut, en ce cas, se relayer, si l'on est plusieurs auprès du cadavre.

III. — Enfin, le Procédé de la langue étant essentiellement capable de déceler la mort apparente, en la faisant cesser, peut constitituer, par conséquent, un signe de la mort réelle; signe également d'application facile et vulgaire.

Ce point de vue est à l'étude pratique, et fera l'objet d'un travail ultérieur.

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