‹ Le Traitement Post-Opératoire de la Luxation Congénitale de la HancheChapitre 20 sur 23 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le traitement post-opératoire de la luxation bilatérale de la hanche. Ses résultats.

Pour éviter des redites, nous ne reviendrons pas sur les indications données au chapitre précédent, qui peuvent s’appliquer ipso faclo au traitement post-opératoire des luxations bilatérales. Nous nous attacherons seulement à faire ressortir les diverses particularités que l’on rencontre dans la cure de cette affection et Les moyens nouveaux que nous préconisons.

Nous devons nous rappeler (chap. |) que chez les boiteux des deux hanches les lésions sont rarement identiques des deux côtés, en général le droit est plus luxé que le gauche et présente un pronostic moins favorable à l'opération.

A la sortie de l'appareil, on s'assure donc avec le plus grand soin de la situation respective des deux têtes fémorales et l’on peut trouver associées toutes les variétés de positions. Quel que soit le résultat de l'examen, on doit déterminer, si elles n'existent déjà, deux antépositions ; le rouleau suffit dans le cas d’un seul côté à corriger; mais si les deux hanches nécessitent un changement de position, on doit utiliser le procédé dit du coussin : on place l’opéré dans le décubitus horizontal sur un coussin très dur rembourré de crin et présentant une longueur suffisante pour laisser reposer tout le baut du corps Jusqu'à la naissance du pli fessier ; la largeur est donnée par l’espace qui sépare les deux extrémités fémorales et la hauteur invariable est de 10 centimètres.

En appuyant simultanément sur les genoux, les cuisses étant en abduction complète et à angle droit sur le bassin, l'opéra-

teur détermine facilement, par des pesées douces et répétées, la position de choix.

La mobilisation, qui est de beaucoup la chose la plus délicate et la plus importante dans ces traitements, s'exécute passivement et activement, d'abord séparément sur chaque jambe.

Les règles fixées par Lorenz doivent être suivies à la lettre.

Les mouvements simultanés présentent plus de difficulté en raison de la fixité du bassin qui résulte de l'action contraire exercée sur les deux fémurs. On doit agir avec prudence pour éviter des fractures toujours possibles avec ce levier du deuxième genre.

On facilite le rapprochement des deux jambes en utilisant la ceinture de Lorenz attachée au niveau des genoux et laissée en place dans l'intervalle des séances de mobilisation,

L'électricité, le massage et les mouvements actifs dans le décubitus horizontal, constituent avec la contraction simultanée des fesses; des moyens rapides de développement musculaire.

Lorsque le sujet est assez mobilisé et présente assez de force pour se tenir debout, on commence l'éducation de la marche en le soutenant des deux mains.

Nous proscrivons absolument l'emploi des béquilles ou de tout autre moyen de soutien, car les enfants, pour s’en servir, sont obligés, vu leur position de cavalier, d’éloigner d’eux l'extrémité qui touche le sol, qui peut ainsi déraper et occasionner une chute grave.

Si l’on craignait, durant ces exercices, chez les enfants faibles ou maladroits, un accident toujours possible par écart simultané des deux jambes, on les maintiendrait rapprochées par un lien élastique fixé de chaque côté au tiers inférieur de la cuisse.

La marche spéciale que nous indiquions pour les luxations unilatérales est impossible à exécuter et n’a pas sa raison d'être, car les hanches ne présentent aucune différence de niveau; mais, pour accentuer le modelage de la cavité cotyloïde, on doit insister sur les exercices du rouleau ou du coussin et sur la mobilisation jusque dans ses limites possibles les plus étendues.

Le grand écart agit également très efficacement dans ce sens.

Malgré les bons résultats constatés localement, lorsque la mobilisation des hanches est complète et le développement musculaire normal, la marche présente encore, surtout chez les sujets âgés de 8 à 13 ans, une allure disgracieuse rappelant le balancement du canard. Cet élat ne peut provenir que d’un reste d'une habitude anciennement contractée plutôt que d’un défaut de l'articulation.

On peut corriger cette attitude défectueuse en employant le procédé ingénieux préconisé par Lorenz : le maintien en équihbre sur la tête d'un petit sac de sable durant la marche. Chez les petites filles, l'éducation devant la glace nous paraît être ce qui réussit le mieux.

La durée du traitement post-opératoire varie avec l'âge du sujet et Les conditions anatomiques de l'articulation. |

Contrairement à ce que nous avons observé pour la luxation unilatérale, le résultat esthétique ne suit pas immédiatement le résultat fonctionnel.

On peut en effet abandonner sans crainte son malade bien avant le retour à la marche normale et si l’on fixe comme terme de traitement la fin de la surveillance médicale, les soins consécutifs exigeront après l'opération : pour les enfants entre 3 et 5 ans, 2 à 3 mois ; entre 5 et 8 ans, 4 à 5 mois ; entre 8 et 13 ans, 6 à 8 mois.

Les enfants dont les familles paraissent présenter des garanlies suffisantes pour pouvoir continuer utilement l'œuvre commencée pourront bénéficier d'une diminution équivalente au quart de la durée précédemment indiquée.

Nous ne pouvons fixer aucune limite déterminée pour l’obtention définitive du résultat esthétique, car 1l dépend de deux facteurs essentiellement variables avec chaque individu : la volonté et l'adresse naturelle. Néanmoins, d'après ce que nous avons constaté par la moyenne de nos observations, les luxés congénitaux marchent normalement au plus tard un an après le résultat fonctionnel articulaire définitivement acquis.

La guérison purement anatomique est beaucoup plus longue

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