‹ Le Traitement Post-Opératoire de la Luxation Congénitale de la HancheChapitre 22 sur 23 · Dans l’article · texte numérisé non relu

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y. Dans la statique du sujet.

3° D'un mauvais état général du sujet.

Les accidents imputables à l’exécutant se résument : 1° dans les fractures siégeant de préférence au niveau du col fémoral et survenant au cours de la mobilisation d’une hanche enraidie chez des enfants indociles ou en état de dénutrition; 2° dans la reluxation toujours causée par des mouvements trop étendus ou mal dirigés.

Ces accidents que nous n'avons pas rencontrés au cours de nos traitements post-opératoires ont été signalés plusieurs fois par Lorenz. Les fractures sont traitées, comme il convient, en ayant soin de placer le membre en abduction pour conserver à l'axe du fémur sa direction normale; on reprend ensuite prudemment la mobilisation, mais la fonction ultérieure du membre se ressent toujours de ce traumatisme. Dans le cas de reluxation, on remet le plus tôt possible l’extrémité fémorale en place et l'on maintient la cuisse environ deux mois dans un appareil plâtré dans la première position après la réduction.

L'acte opératoire peut entrainer, malgré le myorrhexis préa- . lable, des contractures des muscles rotateurs externes, des

nat

extenseurs ou des fléchisseurs de la cuisse, contractures qui persistent en dépit des massages et des mouvements actifs et passifs du traitement post opératoire.

On remédie à cela en pratiquant la ténotomie sous cutanée et on fixe la cuisse en position corrigée dans un appareil plâtré durant trois ou quatre semaines ; à l'ablation de l'appareil, on recommence le traitement par des massages sous forme d'élongation au niveau des tendons précédemment rétractés. On fait suivre ces séances du maintien de la cuisse en bonne position à l'aide de lacs ou de sacs de plomb placés à l'extrémité des leviers osseux.

On combat aisément la flexion de la cuisse sur le bassin en plaçant sur la région sacrée des charges progressives allant de 5 à 25 kilos que le malade supporte durant des séances de vingt minutes, étendu sur le ventre et les genoux rapprochés.

Cette contracture peut se compliquer, surtout chez les sujets âgés, de raideur articulaire grave.

Dans Le cas de luxation unilatérale, on peut, au pis aller, lais-

-ser subsister cet état de choses, car l'ankylose en abduction est souvent recherchée comme position de marche dans la cure de certaines affections, la coxalgie en particulier, mais pour les —luxations bilatérales il faut absolument intervenir.

Après une ténotomie préalable, on mobilise sous chloroforme

l'articulation enraidie, mais en ayant soin d'agir très prudemment et très progressivement. Des mouvements violents pourraient occasionner une fracture, ou le déchirement brusque de la capsule, traumatismes qui amèneraient invariablement une ankylose ou une reluxation définitives.

Ces positions permanentes en abduction de la cuisse opérée, déterminent toujours un léger degré de genu varum du même côté et un mouvement d'adduction de la jambe saine, défauts contractés par le sujet pour assurer sa statique.

On rectifie la position du genou par l'application d'une altelle, la nuit, à la partie interne de la cuisse et maintenue en place par des bandes élastiques. Les mouvements actifs et passifs d'abduction complète, exécutés fréquemment dans la journée,

corrigent en partie l'attitude vicieuse de la jambe saine. La mobilisation seule de la hanche enraidie achève le résultat.

Dans le cas de luxation unilatérale opérée, la déviation vertébrale qu'entraine la statique défectueuse du sujet est une scoliose à grande courbure sacro-lombaire et à petite courbure dorsale. Les enfants luxés antérieurement des deux côtés présentent une colonne vertébrale absolument rectiligne sans courbure antéro-postérieure : un véritable dos plat.

La gymnastique orthopédique et le port d'un corset de soutien entre les séances atténuent la scoliose ; mais dans l'impossibilité d'obtenir la mobilisation de la hanche, la surélévation du pied sain au moyen d'une épaisse semelle nous parait être la meilleure indication.

On ne s’est jamais demandé quelle pouvait être l'influence de la réduction de la luxation et de son traitement post-opératoire sur certaines diathèses existant avant ou se développant au cours de ce long traitement.

Parmi les nombreuses observations prises sur les malades que notre maître M, le D'J. Gourdon a bien voulu nous confier, nous ne relevons qu'un seul cas de tuberculose de la hanche au début (chez une fillette de 7 ans, luxée congénitale à droite) antérieur à l'opération. L’affection éteinte au moment de l'intervention n'a pas été réveillée par Le traumatisme opératoire ni par le traitement complémentaire.

La tuberculose ne constitue donc pas en elle-même une contreindication au traitement de Lorenz, inais c'est au médecin consulté de juger dans chaque cas particulier si l’état général et l’état local offrent quelques chances de succès à l’intervention.

Les maladies infectieuses de l'enfance : la rougeole, la scarlatine, l’angine diphtérique en particulier, peuvent amener (ainsi que nous l'avons observé chez un garçon de 5 ans luxé congénilal double en cours de traitement post-opératoire) un retentissement sur l'élat local articulaire et se traduire par une arthrite (dans ce cas particulier à droite) douloureuse, avec gêne des mouvements, gonflement et légère rougeur des téguments.

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Bien soignée au début par l'immobilisation, la compression et les pointes de feu, cette affection disparut sans laisser de trace et ne nuisit en rien au résultat final.

On fera bien, avant de pratiquer l'intervention de Lorenz ou d'effectuer le traitement post-opératoire, d'interroger spécialement les parents sur ce point, et de ne commencer un traitement que lorsque tous les symptômes d'infection auront disparu depuis longtemps. On évitera ainsi un réveil du processus morbide et les fâcheuses conséquences qui pourraient en résulter pour l'état général de l'enfant.

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