PAYS DE DESTINATION DES ÉMIGRANTS
L États-Unis. — Depuis de longues années, les États-Unis ont attiré à euxune quantité considérable d’émigrants. Cet exode ininterrompu a contribué en grande partie à l’accroissement prodigieux de la population des États de l’Union, passée de 4 millions en 1770 à 76 millions en 1900.
En soixante-dix ans (1821-1890), l'Irlande seule a envoyé aux États-Unis plus de 3.500.000 de ses enfants, l'Angleterre et l'Écosse presque autant, PAIlemagne à millions sans parler de 1 million de Scandinaves, de 500.000 Autrichiens, etc. et du contingent jusqu'alors moins considérable des nations latines,en tout 15 à 16 millions d'hommes pour l'Europe seule.
Bien que les États-Unis aient rendu plus sévères les conditions d’admission des émigrants sur leur territoire et porté de 10 à 20 dollars la somme exigible de chacun d'eux, la moyenne annuelle de l’im-
migration est actuellement d'environ 800.000 indi-
vidus (1), parmi lesquels près de 200.000 Italiens, 120.000 Russes, 60.000 Hongrois, 50.000 Scandinaves, 9.000 Portugais, 8.000 Roumains, 6.000 Grecs, 4,000 Suisses, 3.000 Hollandais, 2.500 Belges. Suivant l'exemple des Anglais, puis des Allemands, les Italiens fournissent donc actuellement la plus forte proportion d’arrivants ; mais les difficultés croissantes avec lesquelles les accueille la population américaine causeront un reflux de l'élément italien qui se portera probablement vers la République Ar-
gentine.
2, Brésil. — Après avoir été une colonie officielle du Portugal, le Brésil est devenu pour ce pays une colonie « sans drapeau ». Les Portugais sont au Brésil au nombre de plus de 1 million et chaque année leur effectif s'accroît de près de 10.000 unités.
En face d'eux, l'élément italien se fait une place exceptionnelle ; le nombre des Italiens vivant actuellement au Brésil est évalué à 1.500.000 auxquels viennent se joindre par an 30.000 à 50.000 arrivants.
Portugais et Italiens, réunis à la race autochtone, sont un obstacle à la germanisation du Brésil entreprise depuis soixante-dix ans. Actuellement 350.000 Allemands forment, surtout dans les États du Sud, une
communauté vivace, mais qui ne s’accroit plus guère.
1. Dans la seule année 1904, 812.870 de ces immigrants se sont présentés dans les ports des États-Unis. D: Crarces Viené. Le Caducée, 20 mai 1905,
Les nouveaux arrivants sont rares (1.000 par an il y a quinze ans, 477 en 1898).
Enfin le Brésil fait un appel, peut-être imprudent,
à la main-d'œuvre chinoise et japonaise.