Le travail
Voici un livre qui traite une bien grande question, et qui s'appuie sur deux grands principes : la liberté et l'association.
J'ai voulu faire Téloge du travail et de ceux qui tra. illent. J'ai voulu montrer que le travail intellectuel et le travail manuel sont frères ; que le travail et le capital ont la même origine et les mêmes droits; que le capitaliste d'aujourd'hui est le travailleur d'hier ; que le travailleur d'aujourd'hui peut être le capitaliste de demain ; que beaucoup de querelles ont pour cause un malentendu ; qu'il suffit le plus souvent, pour résoudre un problème, d'en bien comprendre les termes, et pour réconcilier de» adversaires, de les rapprocher l'un de l'autre -et de leur apprendre à se connaître.
II PRÏ^FACB
Un bon livre sur le travail serait celui qui enseignerait aux patrons la démocratie et aux ouvriers les affaires.
Deux principes dominent toute la question : la liberté d'abord; c'est le premier et le plus grand besoin. La liberté est également nécessaire dans l'État, dans le marché, dans l'atelier. Sans la liberté, il n'y a pas de justice. Dépendez-vous d'un homme? S'il est juste, il pourrait ne pas l'être : son honnêteté n'est qu'un heureux hasard. Dépendez-vous du règlement? Qui Va. fait? D'où prend-il son autorité? Qui en garantit la justice? Il ne faut dépendre que de soi. Toute doctrine qui supprime la liberté supprime l'homme.
L'association est tres-nôcessaire à la liberté : elle donne de la force à ceux qui n'ont pas de force. La liberté, sans la liberté de s'associer, aboutirait tôt ou tard à l'oppression ; elle reconnaîtrait le droit des minorités, mais elle en supprimerait l'usage. Par l'association volontaire, le droit est en même temps reconnu et armé ; il devient un fait, ce qui équivaut à dire que, par elle, la société devient juste.
Ceux qui liront ce livre y trouveront des faits exacts, et peut-être quelquefois des vues utiles. Tout honnête homme y reconnaîtra à chaque page l'enthousiasme de la liberté et un dévouement sans