‹ Le treizième fils de Jean-PierreChapitre 38 sur 38 · LEE · texte numérisé non relu

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À l'hotel, mon aspect.fit trembler tous les domestiques ; ils n’échan-, gèrent même pas un regard entreeux, mais reçurent mes ordres avec une grande obséquiosité ; ils me conduisirent à une chambre et m'apportèrent de quoi écrire.

Hyde exposé à l’échafaud, c'était quelque chose de nouveau pour moi. Il était en. proie à une haine violente, ilaurait pu commettre n'importe quel assassinat ; 11 avait même soif de faire du mal à quelqu'un. Et pourtant il était intelligent et avait l'instinct de la conservation. Il maitrisa sa fureur par un effort suprême de sa volonté et composa ses deux lettres importantes, l’une à Lanyon et l’autre à Poole.

Le reste de la journée, il le passa enfermée dans sa chambre, assis près du feu, se rongeant les ongles. Là i! dina seul avec ses terreurs,le rarçon d'hôtel tremblant visiblement sous son regard.

Une fois la nuit venue, il partit de l'hôtel et prenant une voiture fernée il se fit promener par la ville en attendant minuit. Je dis /ui et: hou moi je ne puis pas diremoi. Cet être infernal n’était pas moi,il n’éait pas même humain. Il n’y avait en lui rien de vivant que la crainte t la haine.

Enfin, craignant que le cocher ne commençât à le soupçonner, il le nvoya et se risqua dans les rues à pied, habiflé si étrangement, attianttous les regards La crainte et la haine le dévoraient toupurs. |

[Il marcha rapidement , poursuivi par la terreur, parlant à lui-même, lissant par les rues les moins fréquentées, comptant les instants qui le Éparaient de minuit.

Une fois, une femme lui parla, lui offrant, je crois, une boîte d’allubettes. Il la frappa au visage et elle s'enfuit.

Lorsque je revins à moi, chez Lanyon, l’horreur de mon vieil ami ’impressionna peut être un peu ; je n’en suis pas certain. Mais ce ne tqu’une goutte ajoutée à l'océan d'horreur qui m'engloutit au souver de ce qui venait de se passer.

J'éprouvai un changement : ce n’était plus l’échafaud qui m’épountait, c'était l'horreur de Hyde qui me torturait. Je reçus la conmation de Lanyon comme dans un rêve; c'était comme dans un rêve e Je regagnai ma maison et me mis au li.

Après les émotions de la journée je dormis d’un sommeil profond e même les horribles cauchemars qui me poursuivaient ne pouvaient terrompre. Le matin, je me révéllai, abattu, faible, mais réconforté. e haïssais et craignais le démon qui dormait en moi, et je n'avais pas blié le péril de la veille ; mais la reconnaissance que j'éprouvais en hgeant au danger que j'avais évité était tellement forte qu’elle égalait èsque l'espérance.

e traversais tranquillement la cour, après le déjeuner, respirant avec ce l'air frais du matin, quand je fus tout à coup saisi des sensations escriptibles qui précédaient le changement de forme. Je n'eus que emps de m’enfuir dans mon cabinet. Un instant après j'étais rededu Hyde, dévoré par les plus épouvantables passions,

ette fois-ci il fallut une dose double pour me ramener à moi-même. élas ! six heures après, comme j'étais assis tristement près du feu,les

écouverte.

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les hontes du pénitenc’} plus et souriant, Je nait plus d'un

\ malaise s'em sement horrible.

rande faiblesse, is qu'un char , audacieux, je 1sabilité morale.

, autour de mes maigre et velue

j'étais respecté Et maintenail

tout à fait. J'al le mes faculii > jouissais sous | , où Jekyll aurall jrconstances.

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symptômes avant-coureurs revinrent et je dus avoir de nouveau recours D s'épui à la drogue. ébulit

En un mot, à partir de cette époque, je ne pus conserver la forme de deuxik Jekyll qu'au moyen de grands efforts et en me tenant constamment sous Mila

l'effet de la drogue. À toute heure du jour ou dela nuit, j'éprouvais le frissonnement trop bien connu. Surtout, si je dormais ou sommeillais [Connu un peu dans ma KA c'était toujours comme Hyde que je me réveil. à. Une lais. Je suis

Toujours menacé d’une catastrophe, contraint de fuir le sommeil, de dernièr m'en priver pour ainsi absolument, chose que j'aurais cru impossible, je Propre

devins, dans ma propre personne, un homme rongé par la fièvre, faible, Et J(

… physiquement et intellectuellement, et préoccupé par une pensée uni- Ê a Ju que : l'horreur de mon autre moi-même. ence Mais lorsque je dormais, ou lorsque la drogue cessait de produire son ant qi effet, je redevenais Hyde presque sans transition, car les douleurs de [Je pu transformation diminuaient de jour en jour ; je redevenais Hyde avec [Para son imagination souillée et épouvantée, son âme remplie de haînes in- ‘hangé sensées,et son corps qui paraissait trop faible pour resister aux énergies hi

dé son esprit.

La puissance de Hyde parait s’augmenter à mesure que Jekyll s’afaiblit. Et certes, la haine qui les anime l’un pour l’autre est égale mainte-

ais com ante le

nant. Hy de

* Chez Jekyll, la haine pour Hyde était une affaire d'instinct. Il avait RCE * ]

vu toute la dépravation de son autre lui-même, et il le regardait comme Kat c au

quelque chose d’infernal. La'pensée que cette chose affreuse lui était intimement unie, que cet abominable être,qu'’il entendait continuellement R°1rez gronder au-dedans de lui, était plus fort que lui et profiterait du premier moment de faiblesse ou de sommeil pour usurper sa place, cette pensée

le remplissait d'horreur.

La haine de Hyde pour Jekyll était d’un ordre différent.La terreur que lui inspirait la pensée de l’échafaud le forçait à s’anéantir à chaqueins tant en reprenant la forme de.Jekyll. Mais cette nécessité lui répugnait {| souverainement.Il haïssait la mélancolie dans laquelle Jeky11 était tombé et le dégoût qu'il inspirait lui-même à Jekyll le blessait profondément. De là les malices qu'il faisait à Jekyll, écrivant, de son écriture, des blasphèmes dans ses livres, brulant ses lettres, détruisant le portrait de son père, etc. Et n'était-ce sa crainte de la mort, il se serait précipité lui-même dans l’abtme pour m'atteindte.Mais il tient à la vie fortement je vais plus loin ; Moi, Jekyll, qui frémis d'horreur à la seule pensée de cet être, je ne puis m'empêcher de le plaindre quand je songe à l'inten: sité, à l'abjection de son attachement à la vie, quand je songe combiel il redoute le pouvoir que je possède de mettre fin à son existance en mt suicidant.

Mais à quoi bon tout ceci ; le temps me presse affreusement. Qu'il suffise de dire que jamais mortel n’a enduré de tel tourments. Et cepet dant, l'habitude apporta, non du soulagement, mais une sorte d’indi férence, une sorte de calme né du désespoir. Et mon chatiment auril pu durer des années, sans une dernière calamité qui me sépare à tout j# mais de mon véritable moi-même. Mon approvisionnement de sel, qu jè n'avais jamais renouvelé après ma première expérience, commen

s'épuiser J'envoyai chercher d'autre. Je préparai la potion : la première ébulition eut lieu, et le premier changement de couleur, mais non le deuxième ; je l’ingurgitai, mais elle ne produisait pas d'effet. Vous sa: vez comment j'ai fait bouleverser Londres pour avoir ce sel. Tout a été

u recours

forme de

pe Ag vain. Et je suis maintenant convaincu que c'était quelque impureté in- OUVAIS € D Gnnue que renfermait le premier sel qui lui donnait son efficacité... mmeillais

Une semaine s’est écoulée, et je termine cette confession pendant que je suis sous l'influence de la dernière poudre qui me reste. C'est donc la dernière fois, à moins d'un miracle, que Henry Jekyll pourra voir on propre be si changé hélas !

Et je ne dois pas trop tarder à mettre fin à mon écrit; car si mon récit a jusqu'ici échappé aux fureurs de Hyde, ce n’est que grâce à la prudence de Jekyll. Si les douleurside la transformation me saisissent penant que j'écris, Hyde déchirera ce manuscrit en millemorceaux ; mais si je puis Le terminer quelque temps avant que le changement arrive, il

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»mmeil, de »ossible, je vre, faible, énsée uni-

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th a l'épargnera peut être, car le sort terrible qui nous menace tous deux l’a Hyde ave D invé grandement, l'a profondément abattu.

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énergies Dans une demi-heure d'’ici,lorsque j'aurai de nouveau et pour toujours ux 6

evêtu la forme détestée de Hyde je sais quelles terreurs l’accableront.,je ais comme il tremblera, comme il pleurera,comme il écoutera avec épourante le moindre bruit.

Hyde mourra-t-il sur l’échafaud ou mettra-t-il fin lui même à son exisence ? Dieu seul le sait. C’est maintenant la véritable heure de ma mort moi ; ce qui doit suivre regarde un autre plutôt que moi-même. Ici onc au moment même où je dépose ma plume,se termine le vie du maleurez Henry Jékyll.

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