‹ Le treizième siècle artistiqueChapitre 44 sur 104 · I. Ibid · texte numérisé non relu

I. Ibid

qui forme le fond de la scène ; le Christ, couvert d'un manteau rouge, et posant la main gauche sur le globe du monde, bénit de la main droite sa Mère, qui s'avance vers lui les mains jointes (i). A côté de ce sujet figurent un saint Jean et un saint Christophe, dont les tendances réalistes annonceraient déjà, s'il faut en croire certains critiques, les caractères de la future école flamande. « Il serait même aisé, assurent-ils, d'établir la filiation qui unit, à travers quatre cents ans, ce saint Christophe gantois au célèbre Porte-Christ de Rubens, qu'on admire à la cathédrale d'Anvers (2). » On a retrouvé dans la même cité de Gand une autre fresque à peu près aussi ancienne, représentant une confrérie des arbalétriers de Saint- Georges, celle des archers de Saint-Sébastien et divers corps de métiers marchant bannière en tête. Elle n'offre qu'un petit nombre de personnages en deux couleurs, et le dessin s'y montre encore assez raide. Néanmoins la convention a déjà disparu , et l'artiste s'est efforcé de grouper d'une façon pittoresque les figures et les armes.

A la même école appartient l'importante série de peintures récemment découvertes dans la cathédrale de Tournai, retraçant en sept tableaux, étages du sol à la voûte du transept, toute la vie de sainte Marguerite, sa rencontre par le gouverneur Olibrius, sa résistance aux objurgations du tyran, son supplice et divers épisodes de sa légende. Ces sujets , traités avec non moins de simplicité, paraissent avoir été commandés par Marguerite d'Alsace, comtesse de Flandre, et exécutés à la fin du douzième siècle ou dans les premières années du treizième. Les proportions, les poses, les gestes, sont presque tous naturels ; le modelé lui-même apparaît dans quelques figures.

1. Le Messager de Gand (an. 1834) renferme une gravure de la fresque de la Biloque accompagnée d'une notice descriptive.

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