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L’amplitude en est variable de jour en jour, parfois appréciable, elle peut dans certains cas, même au repos et sans aucune cause morale ou physique capable de l’amplifier, être de deux ou trois centimètres.
Dans ses mauvais jours et pour cacher sa petite infirmité, le Docteur X.. en est réduit à ne rien toucher d’une façon visible pour les autres et la crainte qu’il a d’être vu augmente son mal.
Depuis qu’il est sorti de la jeunesse, les émotions étant devenues rares pour lui, et ayant pris son parti de son infirmité, son tremblement n’a guère de recrudescence qu'après les fatigues, quand il a fait des armes ou porté longtemps un paquet ; alors tout son avant-bras est animé de secousses rythmiques, 4 à 5 par seconde atteignant parfois plusieurs centimètres d'amplitude.
En dehors des fatigues et quoique tremblant légèrament il peut faire ce qu’il veut de ses mains, même des travaux assez délicats. Ce tremblement visible surtout aux mains existe, mais se manifeste moins nettement ailleurs.
Aux membres inférieurs le Docteur X... prétend seulement que les jours où son tremblement est très accusé aux mains, il se sent moins d’aplomb sur ses jambes, sa marche cest moins parfaite, moins sûre : il lui semble qu’il est moins maître de son allure ; son pied se pose à terre avec moins de franchise et presque involontairement.
De même ses lèvres, sa langue ont quelque chose qui l’empêche d’être maître absolu de leurs mouvements, d’où des syllabes sautées, un bredouillement passager, des sortes d’accrocs de la parole ressemblant quelque peu tantôt aux accrocs de la paralysie générale, tantôt à un léger bégaiement ; presque toujours une gène légère d’articulation due à l'incertitude née du tremblement involontaire de ses organes.
Ses antécédents héréditaires sont assez chargés ; peu du
côté paternel, à part une grande nervosité et une grande originalité. La mère tremblait comme son fils, dans sa jeu-
TONER
nesse ; c’est une femme nerveuse dont toute la vie jusqu’à la ménopause fut assombrie par des migraines violentes, fréquentes, se prolongeant parfois plusieurs jours et que les contrariétés, les moindres troubles moraux, ramenaient.
La grand'mère, grande hystérique, ayant eu à peu près toutes les manifestations de la névrose, femme fantasque, excentrique, dont la mère et une sœur sont mortes aliénées.
CONCLU SIONS
I. — Les observations et les travaux modernes ne mettent plus en doute l’existence d’un tremblement héréditaire, entité nosologique déterminée.
II. — L’hérédité est une hérédité, dans la majorité des cas, alcoolique.
Dans sa transmission, la lignée maternelle semble la plus atteinte.
III. — Son début a lieu dans la « première enfance », le plus souvent, et son évolution est progressive.
IV. — Son assimilation au tremblement sénile comporte des réserves qui ne s’effaceront qu'avec une meilleure connaissance de la pathogénie du tremblement dit « essentiel ».
V. — Les associations avec d’autres syndrômes morbides sont fréquentes (dégénéré$cence mentale, neurasthénie, cyclothymies, etc.).