INTRODUCTION
En 1930, à propos d’une malade venue consulter à la Pitié pour un tremblent dont elle était affligée, Pidée d’un « tremblement héréditaire » fut admise. Montrée à notre regretté maître, le Docteur Babinski, ce dernier nous dit : « Tout tremblement dont on ne connaît pas l’origine est étiqueté tremblement héréditaire. »
Nous avons eu l’occasion de voir, pendant les vacances, une famille de trembleurs.
Il s'agissait d’une jeune fille qui nous consultait pour une crevasse du sein et chez laquelle nous remarquâmes un tremblement assez marqué. L’examen ne révéla aucune tare nerveuse. L’interrogatoire nous permit d'apprendre qu’elle n'était pas seule à trembler dans sa famille, que sa mère et qu’un frère et une sœur tremblaient également.
C'était une famille d’Israélites.
Notre curiosité mise en éveil, nous avons voulu, à propos de ce cas, voir ce qui avait été publié sur le tremblement héréditaire et dans quelle mesure
l'opinion émise par notre maître, le Docteur Babinski, était une « boutade ».
A notre grand regret, nous n’avons trouvé aucun travail d'ensemble sur la question. Des observations, oui, éparses et assez nombreuses ; aussi nous avons résolu, en toute modestie, d'essayer de grouper tout ce qui a cté dit d’important sur cette entité morbide. Nous ne saurions prétendre avoir apporté des faits nouveaux. Nous avons noté ce qui nous a frappé à la lecture des divers documents anciens et récents, et c’est de cet ensemble qu'est sorti ce travail.
Nous avons toutefois insisté sur certains points et en particulier sur les complications mentales du tremblement héréditaire et sur les travaux du Docteur Minor, de Moscou, qui sont encore très peu connus.
Nous avons constaté que depuis la thèse d’agrégation de Fernet en 1872, l’attention des médecins neurologues et psychiatres semble de plus en plus portée à l’étude du tremblement héréditaire ; cependant, depuis cette date jusqu’à nos jours, les progrès en neurologie n’ont pas amélioré cette question et les vieilles opinions ont toujours cours.
Plusieurs médecins font entrer dans le même chapitre, les tremblements sénile, hystérique et héréditaire, voire même toxique.
Le Professeur Achard et ses élèves se sont appliqués à identifier le tremblement héréditaire et le tremblement sénile ; ils se basent sur le fait que ces tremblements présentent les mêmes allures cliniques.
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Il semble, pourtant, que la dénomination de tremblement héréditaire devrait s'appliquer, ainsi que le démontrent les travaux modernes, à des sujets atteints de cette infirmité dans leur enfance ou leur adolescence. Certaines observations, mentionnant le tremblement héréditaire à la naissance, sont évidemment les plus typiques, mais malheureusement rares.
En résumé... faire du tremblement héréditaire une maladie essentielle des jeunes, ayant une allure clinique, une évolution et des complications d’ordre psychiatrique... ; rassembler les différents documents publiés. ; voir ce qui a été dit au point de vue traitement et ce qui semble réussir dans la pratique, telles sont les questions qui nous ont guidé dans lélaboration de notre travail.
Nous nous sommes permis d'ajouter un long chapitre de diagnostic différentiel des tremblements ; il nous a semblé utile de le faire, car devant un tremblement, même chez un sujet jeune, on doit avoir présentes à l’esprit les différentes causes susceptibles de le produire, en dehors de toute question d’hérédité.
Nous remercions M. le Professeur Laignel-Lavastine d’avoir bien voulu accepter la présidence de notre thèse. Nous sommes heureux de lui dire combien son enseignement, empreint d’une bienveillance toujours souriante, restera profondément gravé dans notre mémoire.
Nous l’assurons de notre reconnaissance et de notre profond respect.
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