SCÈNE VII VÉRONIQUE, JEAN
JEAN, tristement.
Tout à l'heure, j'avais un moment de délire, Ma pauvre Véronique … Il faut me pardonner.
Mas je n'ai pas le droit de vous abandonner, Votre oncle et vous. Jde dois garder le sort modeste
Que je vous fais ici partager, et Je reste.
VÉRONIQUE, près de La table, de facon à cacher a Jean le coffret. Monsieur Jean, ce n'est pas de cela qu'il s'agit.
JEAN
Quoi?
VÉRONIQUE, s’efforcant de sourire.
Je suis votre fée. Ah! vous me l'avez dit.
Eh bien! aux jours mauvais, la fée est [à qui guette Et qui répare tout d'un seul coup de baguette. JEAN.
Plaisautez- vous”?
‘VERONIQUE.
Tout va changer dans votre sort.
Pour une grande Joie êtes-vous assez fort?
JEAN
Pour une grande joie?
VÉRONIQUE
Oh! oui, caf €en est une, De : reprendre d’uu coup son rang et sa fortune, Et la femme qu'on aime et le ont rêvé … Le trésor.
JEAN
Le trésor? Eh bien?
VERONIQUE, lui montrant le coffret ouvert.
Je lai trouvé!
JEAN
Ab! grand Dieu!
VÉRONIQUE
N'est-ce pas? quel coup de destinée!
Je l'ai découvert là, dans cette cheminée, Je vous dirai plus tard, .… par du feu que J'ai fait. Mais cest bien lui... touchez, … regardez.
JEAN, saisissant à son tour les parures.
En effet,
C'est bien lui! e’est bien là le trésor de famille!
Quoi! c’est à moi ce tas de diamants qui brille. A moi tous ces bijoux!
Il reste tmmobile et muet, Les mains pleines de bijoux, absorbe
dans sa contemplation.
VÉRONIQUE
Maintenant vous pouvez Amener votre Irène en ces murs relevés ; Vous pouvez lui donuer opulence et noblesse … S’apercevant que Jeu ne l'écoute pus.
Mais il ne w’eutend plus... Allons, point de faiblesse!
Je dois partir.
JEAN, se partant à lui-même et muniant Les bijoux.
Ainsi, cest à moi ce trésor!
Je le vois, je le touche, et #y puis croire encor... Eh bien! cest du bonheur: il faut que j'en profite. Mais pourquoi donc mon cœur ne bat-il pas plus vite? Pourquoi done, en faisant ruisseler dans ma main Ces cailloux précieux, qu'on me paira demain En bel argent comptant chez le prochain orfèvre, Ne suis-je pas Joyeux et mai-je pas la fièvre? de suis riche pourtant. Véronique à raison:
Je puis faire à present rebâtir ma maison, Racheter alentour la forêt et la plaine, Et, nouveau châtelain, choisir ma châtelaine. Je suis riche, très riche, et n'ai qu'à faire un pas Vers les parents d’Irène… Ils n’hesiteront pas: On va congédier ce fat, et fout s'arrange...
Non! ce m'est plus mon cœur qui parle... C’est étrange! Dans mon âme, à l'instant encor pleine d’ardeur, Ces’ diamants ont mis leur subtile froideur.
Irène me déplaît, s’il faut que je l'achète Avec ce sac d'écus que le hasard me jette.
Je m’offense aujourd’hui de son mépris d'hier;
Et, riche, je prétends, comme un pauvre, être fier!…
Quoi! Pon change à ce point! Ah! le destin me raille!.….
Et vous auriez bien dû rester dans la muraille
Au lieu de me prouver, à trésors superflus,
Que ma douleur meutait et que Je n’aimais plus!
Eh bien, si! J'ai raison... Je devais, par vous seules, Parures dont jadis s’oruèreut mes aïeules, Apprendre cette amère et saine vérite;
Et, pour l'houneur du nom que toutes ont porté
Eu mères de famille, en épouses fidèles,
Je ne dois point choisir de femme indigne d'elles.
VÉRONIQUE, à part.
Oh! c’est trop tard!
JEAN, changeant de. ton, a Véronique.
D'ailleurs, s'agit-il. de cela”?
Realisons d’abord cette fortune-la :
Ceut mille ecus, dit-on... Peut-être davantage! D'abord, premier plaisir, il faut que je partage Avec vous, mes amis, qui seuls savez n'aimer. Pour l’abbe, dès demain je le fais imprimer.
Et quant à vous, ma bonne et généreuse amie, Vous w'aurez plus besoin de tant d'economie, Et vos mains puiseront äu tresor sans compter . Ma pauvre chère enfant, que je vais vous gâter! Mais ce sera charmant! L'existence uouvelle Que nous allons mener à mes yeux se révèle:
Oui, nous restons chez nous, les pieds sur les tisons; Nous sommes trois amis, et nous nous suffisons; Vous êtes la maîtresse au logis, Véronique ; Vous exercez sur nous un pouvoir tyrannique; Moi, je chasse, et l'abbé, dans ses fougueux élans, Me déclame ses vers, que je trouve excellents ; Nous nous abandonuons au repos qui nous berce; Et, comme des oiseaux éprouvés par l’averse, Satisfaits du refuge où Dieu nous réunit, Nous nous tenons tous trois serrés dans notre nid! —Et josais n'attrister! Mais, que Dieu me pardonne!
Je fais mieux que d’avoir du bonheur. car j'en donne.
VERONIQUE.
J'ai regret de troubler uu rêve si Joyeux,
Monsieur Jean, mais je dois vous faire mes adieux.
| Aϰ moderato (e -104) Fo
VERONIQUE
Je me fais sœur gri 2 se, Et
VEAN.
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J'HTEMIONN de 80)
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Ne voussuis-Je pas
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