‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 75 sur 149 · Holzer. pl. X, 1 ; WlNTER, flg · texte numérisé non relu

Holzer. pl. X, 1 ; WlNTER, flg

partie de l'argenterie de table. Le miroir était la pièce essentielle du mundus muliebris; de tout temps ce fut l'instrument par excellence de la toilette féminine 1 ; il a survécu aux bouleversements sociaux et à toutes les religions : c'est le guide le plus sur de celles qui veulent plaire; la plus belle moitié du genre humain ne peut se dispenser d'avoir recours à lui. Lorsque les artistes de l'antiquité représentent Vénus dans tout l'éclat de sa beauté, ils prennent soin de placer un miroir entre ses mains ou auprès d'elle. Dans les trésors des temples, les miroirs figurent parmi les dons agréables aux déesses dont les fidèles implorent la protection2. Aux premiers jours du christianisme, les saintes femmes en continuent l'usage. Sainte Thècle, afin de pénétrer dans la prison de saint Paul, fait présent au geôlier de ses pendants d'oreilles et de son miroir d'argent 3. On gravait des miroirs jusque sur les tombes des femmes, comme si, même après leur mort, elles ne pouvaient plus se séparer d'un conseiller qui leur avait rendu tant de services pendant leur vie4. Les miroirs grecs, étrusques et latins ont été très étudiés ; les miroirs romains à reliefs n'ont pas encore été l'objet d'un travail d'ensemble5.

Les miroirs d'argent de Boscoreale sont des pièces exceptionnelles et rares; avant tout leur matière les recommande à l'attention. Les miroirs d'argent se comptent. Pline prétend cependant qu'ils étaient, de son temps, si communs que les servantes mêmes en faisaient usage 6. Dans les collections publiques ils sont encore peu nombreux. A ma

1. Le miroir de Laïs n était guère moins célèbre que Lais elle-même, Annali deU Insi ., 19, p. 400.

2. Apuléd, Florid., IL 20, trésor du temple de Junon à Samos; Pline, H. N., XXX11I, 15, trésor du temple de Smyrne.

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